Le samedi 26 mars, de 20h30 à 21h30, "éteignons nos lumières pour y voir plus clair !" Tel est le slogan oxymorique du WWF, l'ONG à l'origine du projet Earth Hour, qui invite le monde entier à un dîner aux chandelles.

 



Tout commence en 2007, lorsque les associations écologistes de l'Alliance pour la Planète appellent la France à éteindre ses lumières pendant 5 minutes. Trois millions de foyers suivent le mouvement, en France et même dans d'autres pays. Le 31 mars 2007 à Sydney, le WWF invite à reprendre cette initiative en l'étendant à une heure. C'est le début d'une grande aventure, car l'année suivante, 35 pays participent. En 2009, c'est 88 pays qui éteignent leurs lumières pendant une heure, et plus d'une centaine en 2010. Question subsidiaire : Les allumeurs de réverbères prennent-ils tous leur pause en même temps ? La réponse est non : l'idée d'une action mondiale simultanée était séduisante, mais c'était sans compter les fuseaux horaires et la rotondité de la Terre qui fait voir le jour en France pendant la nuit en Australie.

Et cette année, Earth Hour devient Earth Hour+, parce qu'une heure ne suffit pas à changer les choses ; il faut se mobiliser tous les jours. Ce petit + équivaut à la somme des actions de tous, dont la valeur ajoutée permettra de créer un avenir durable.

Beaucoup d'événements sont organisés : à Singapour, par exemple, sept personnalités du monde de l'art et de la télévision se feront les porte-voix d'EH+, avec au programme un concert, un carnaval, un marché nocturne et une projection en plein air du film The Age of Stupid.

74 villes françaises sont déjà sur la liste des participants à EH+, dont Angers, Paris, Lyon, Reims, Saint-Etienne,Toulon, Grenoble, Marseille, Limoges et Rouen. Bordeaux est mis à l'honneur cette année, car la ville a réussi, dans le cadre de son agenda 21, à inscrire le projet dans la durée en installant 900 luminaires à haute performance et 44 lampadaires à capteurs.

Le mouvement touche également le monde de l'entreprise ; IKEA et Tetra Pak, par exemple, éteindront aussi leurs lumières le 26 mars. Mais ce n'est pas tout : depuis plusieurs années, ces grandes enseignes s'organisent pour optimiser leurs dépenses en électricité et se tournent vers les énergies renouvelables. En 5 ans, IKEA a réussi à diminuer de 10% sa consommation d'énergie, tandis que 100% de la consommation de Tetra Park est désormais fournie par de l'énergie verte.

Récapitulons : En 2009, la baisse de consommation d'électricité en France, pendant l'opération Earth Hour, a été de 1%, pour 200 villes participantes. C’est peu, mais c’est un début ; cela donne une idée de ce qu’on pourrait économiser en électricité si on savait se passer de toutes les lumières inutiles, et qu'on débranchait les appareils électriques qu'on laisse d'habitude en veille. De quoi inciter les gens à changer leurs habitudes et faire attention à leur consommation. Parce que consommer moins d'électricité, c’est réduire ses émissions de gaz à effet de serre, c’est donc lutter contre le réchauffement climatique... et par conséquent sauver des pandas ! Et avec le projet Earth Hour+, ce petit 1% ne devrait pas tarder à se multiplier...
 

+ d'infos : earthhour.fr