Pendant des années, le choix d'un fournisseur d'énergie était simple en France: il n'y en avait qu'un ! Enfin un pour l'électricité, EDF et un pour le gaz, GDF. Mais l'ouverture du marché de l'énergie en 2007 est venu chambouler cette tranquilité monopolistique... Et l'apparition de nouveaux fournisseurs s'est accompagnée de la mutliplication des offres "vertes". Positif me direz-vous... en effet, mais la vigilance reste de mise pour faire le bon choix!

 

 

Premier piège: "électricité verte" ne veut pas toujours dire que l’électricité qu'on vous propose est d'origine renouvelable. Un fournisseur A est autorisé à annoncer une offre verte dès lors qu’il achète à un autre fournisseur (appellons-le B...), non pas de l’électricité verte, mais un "certificat vert". Ce certificat garantit que le fournisseur B produit lui même de l’énergie renouvelable.

Pour vraiment encourager le développement des énergies renouvelables, mieux vaut se renseigner sur le mix énergétique réel du fournisseur. C’est à dire sur les techniques employées pour produire l’énergie qu’il vous propose (nucléaire, hydraulique, éolien, solaire, etc).

Le mix le plus courant en France est celui d’EDF. Il contient une très large part d’énergie nucléaire et peu d’énergie renouvelable. On le retrouve chez de nombreux autres fournisseurs (Poweo, Direct Energie). S'il est peu émetteur de gaz à effet de serre (le nucléaire n’en émet presque pas), ce mix "Français" est en revanche très critiqué pour les risques nucléaires qu’il fait peser sur notre santé et l’environnement (risque de fuites, transport et élimination des déchets, etc)

Mais de nouveaux fournisseurs font leur appariation dont les mix reposent plus largement sur les énergies renouvelables et notamment l’hydraulique. Sur ce point, les associations écologiques font une distinction entre 2 types d'énergies hydrauliques :

  • La « petite hydraulique » décrit les centrales dont la puissance est inférieure à 10MW. Construites au fil de l’eau, ces centrales ne nécessitent ni retenues, ni vidanges ponctuelles susceptibles de perturber l’hydrologie, la biologie ou la qualité de l’eau.
  • La « grande hydraulique » décrit les centrales dont la puissance est supérieure à 10MW. Il s’agit essentiellement des grands barrages dont la retenue d’eau permet de moduler la production d’électricité en fonction de la demande… Ces retenues ont souvent des conséquences grave sur les eco-systèmes les entourant à cause des perturbations qu’elles provoquent.

Notons enfin le lancement en 2004 du projet Enercoop visant à proposer une offre 100% issue d'énergies renouvelables et excluant la grande hydraulique. Plus chère que la plupart de ses concurrents, cette offre est en revanche la seule totalement digne de la mention "verte"...

Voici l’estimation du mix énergétique des principaux fournisseurs Français.

 

ENERCOOP (2008, source Enercoop)

  • Petite hydraulique : 95,4%
  • Eolienne : 3%
  • Photovoltaïque: 1,6%

ALTERNA (2007, source Alterna)

  • Petite hydraulique : 100%

ALTERELEC (2008, source Alterelec)

  • Petit hydraulique: 87%
  • Eolien, Solaire : 13%

PLANETE OUI (2008, source Planete Oui)

  • Hydraulique : 95%
  • Eolien et/ou solaire et/ou biomasse : 5%

EDF (2006, source Greenpeace)

  • Nucléaire : 85%
  • Grande hydraulique : 5%
  • Charbon : 3,5%
  • Gaz : 3%
  • Fioul : 1,5%
  • Eolien : 1%

POWEO (2006, source Greenpeace)

  • Nucléaire : 85%
  • Grande hydraulique : 5%
  • Charbon : 3,5%
  • Gaz : 3%
  • Fioul : 1,5%
  • Eolien : 1%

DIRECT ENERGIE (2006, source Direct Energie)

  • Nucléaire : 85,7%
  • Thermique conventionnel (gaz,fioul) : 8,4%
  • Energies renouvelables : 5,9 % (dont 5% grande hydraulique)

GEG (2006, source Greenpeace)

  • Nucléaire : 54%
  • Petite hydraulique : 37%
  • Grande hydraulique : 2%
  • Eolien : 1,5%
  • Gaz : 1%
  • Charbon : 1%
  • Fioul : 0,5%

PROXELIA (2007 source: proxelia)

  • Hydraulique: 44,25%
  • Nucléaire : 48,06%
  • Thermique (gaz,fioul,charbon) : 7,03%
  • Eolien, solaire : 0.01%

Pour aller plus loin, nous ne saurions trop vous recommander le rapport Ecolo Watt de Greenpeace sur l'ouverture du marché de l'énergie et le site www.energie-renouvelable.com.