Le Diester est un biodiesel obtenu à partir du colza. Il a récemment été la cible du haro général sur les biocarburants. Prolea, la coopérative agricole française qui le produit, lance donc une campagne de communication pour s’expliquer.

L’inquiétude croissante pour notre environnement et la hausse récente du cout des matières premières ont alimenté ces derniers temps une critique virulente des bio carburants… Cette critique reste justifiée à certains égards :

D’abord, l’implantation des cultures destinées aux biocarburants dans les pays de l’hémisphère sud est un des facteurs majeurs de la destruction des forêts primaires. Ensuite, ces cultures intensives sont extrêmement demandeuses en eau et en produits chimique et contribuent donc a appauvrir les sols. Enfin, le succès des biocarburants met en compétition les groupes pétroliers avec les groupes agro-alimentaires et fait donc monter le prix des denrées.

Mais selon Proléa, ces arguments ne s’appliquent pas à la filière Diester française.

En effet, le colza nécessaire à la production du Diester est cultivé en France. Or la gestion des forêts y rend impossible la déforestation sauvage. Par aileurs, Prolea revendique la pratique d’une agriculture raisonnée qui n’exclue pas l’utilisation de produits chimiques mais tend à la réduire. Enfin, toujours selon Prolea, le développement des biocarburants est un facteur marginal de la hausse du prix des matières premières comparé à d’autres phénomènes comme l’explosion de la demande dans les pays en voie de développement, la hausse du prix du pétrole ou les accidents climatiques à répétition qui ont pesé sur l’offre.

Il est vrai que les récents scandales qui ont précipité les critiques des biocarburants comme la crise du Maïs au Mexique se sont déroulés bien loin de nos frontières. Mais elles sont également nées de la volonté de faire des biocarburants une solution grand public en développant sa production à grande échelle. En France, les objectifs fixent à 7% l’incorporation du Diester dans le gazole traditionnel à l’échéance 2010. Mais ce taux ne pourra pas continuer d’augmenter sans étendre les surfaces cultivées, intensifier leur culture ou faire appel au bio carburant étrangers…

Alors oui, dans les proportions actuelles, le bio diesel Francais est un bon élève mais quel rôle peut-il jouer à long terme en gardant ce niveau d’exigence ?  En attendant la deuxième génération de Diester, difficile de se prononcer...

 

Vidéo - Mieux comprendre la fabrication du Diester: 

 
(Article sponsorisé)