Le parvis est transformé depuis quelques jours en zone de forage.

A La Défense, le quartier d'affaires de l'Ouest parisien, des puits de forage ont fait leur apparition. Des puits exploités par la SEMU, la Société d'exploitation des mines urbaines. Une entreprise (et il faut se rendre sur son site internet pour le savoir) spécialisée dans "l’exploration des gisements urbains (…) à la recherche de ressources stratégiques". Mais que recherche précisément la SEMU ? Pas du pétrole, en tout cas. Non, elle recherche des matériaux tout aussi précieux.

La vidéo de présentation de la société nous précise ainsi qu'un forage en 1996 à Rio de Janeiro a permis de découvrir un gisement de lithium, qu'un gisement d'yttrium a été mis à jour à Pékin, et que du cuivre a été trouvé dans les sous-sols de Saint-Pétersbourg. Ainsi, depuis 40 ans, la SEMU exploite les gisements qui se trouvent sous nos pieds et les transforme en or. La question : pourquoi parler d'une telle activité ? Simplement parce que tout ça est faux et archi-faux, et qu'il s'agit d'une opération de communication plutôt bien menée.

C'est Recylum, l'organisme chargé du recyclage des lampes, qui est à l'origine de ces faux forages. Et avec 3 millions de mètres carré de surface de bureaux concentrés dans le quartier, le recyclage des lampes usagées est un problème quotidien. L'occasion de rappeler qu'il existe en France 19000 points de collecte des lampes usagées, et qu'ils ne sont pas là seulement pour faire joli : les lampes contiennent des matières (gaz métaux) qui peuvent s'avérer dangereuses pour l'environnement si elles ne sont pas traitées dans des filières spécialisées.

Alors si vous êtes à La Défense et que vous voyez ces puits, pas la peine de faire un scandale : c'est pour de rire.