MarcelGreen.com a rencontré pour vous Angélie Baral, fondatrice et animatrice du fameux blog UnGesteParJour. Ce blog permet depuis quelques années de trouver tous les gestes, toutes les initiatives etc. pour préserver l'environnement ! 

Angélie prépare également la création d'Urbiz, une plateforme à destination des collectivités, elle nous explique tout ceci en détails.

Marcel Green : Bonjour Angélie, merci de nous accorder un peu de ton temps. Peux tu nous dire un petit peu qui se cache derrière le blog « Un geste par jour » ?

angelie baral Angélie Baral : Dans le cadre de mon travail, j’ai fait beaucoup d’écologie urbaine. Je croisais beaucoup d'initiatives, j'avais accès à beaucoup d’infos et je trouvais dommage de ne rien en faire. Paradoxalement, l'omniprésence de l’information catastrophique dans les médias faisait que les gens voyaient les choses de manière toujours négative.

Et puis en 2005, un ami m'a parlé de son blog. Au départ, je voyais ca un peu comme un ovni et puis je me suis dis "pourquoi pas ?" et j’ai démarré le blog sur un coup de tête, avec quelques articles.

Je l’ai appelé « un geste par jour » et puis je me suis vite rendue compte que tous les jours c’était extrêmement fastidieux ! Et puis les petits gestes on en trouve beaucoup mais on a beaucoup plus de mal a trouver des initiatives de façon un peu plus complexe, un peu plus fouillée. Donc je me suis tourné vers les initiatives plus que les gestes en tant que tels. Sachant qu’autant que possible, je fais le lien entre les deux.

MG : Quelles sont les meilleures formations à conseiller à des jeunes qui souhaitent s’investir dans le développement durable ?

angelie baral 2 AB : J’ai été diplômée en 2001 et comme il n’y avait pas grand chose en France, j’ai été me servir en Angleterre. Je suis partie en tant qu’Erasmus et j’ai fini la bas parce que je ne trouvais pas d’équivalent en France. Mais c’est vrai qu’en 7-8 ans il y a eu énormément de progrès et on est même tombé dans l’excès inverse. Aujourd’hui il y a énormément de masters dit « développement durable » et c’est dur de savoir lequel est le bon.

Si j’ai un conseil à donner, c’est de s’orienter vers quelque chose de technique. C'est le meilleur moyen de progresser et de trouver sa place. Aujourd’hui on a une marrée de consultants qui ne maitrisent pas les aspects de détails, or si on veux sortir du lot il faut se trouver une expertise.

MG : Et quelles sont ces spécialisations ?

AB : D’un côté il y a toutes les spécialisations par expertise, et de l’autre il y a des chefs d’orchestre. Personnellement je suis dite « généraliste de l’environnement » et j’ose prétendre que c’est une spécialisation en soit. Mais c’est vrai que si on veut être généraliste, il faut partir d’une spécialisation. C’est une question de crédibilité. Il y a tellement d’information à acquérir dans chaque thématique que c’est très difficile de l’acquérir à la sortie de l’école ou même dans les 2-3 premières années.

MG : Parlons un peu d’Urbiz, que peux tu nous dire au sujet de ce nouveau projet ?

AB : Urbiz est une plateforme d’échange de bonnes pratiques en écologie urbaine qui s’adresse avant tout aux professionnels.

La vocation d’Urbiz est de mettre en avant des démarches, des actions de façon quand même très techniques. Il s’agit d’apporter des détails très précis sur la façon dont les démarches sont menées au sein des collectivités, des entreprises etc. sur de multiples thématiques. Ca peut être de l’énergie, l’eau, les transports, etc.

C’est avant tout de la veille, c’est à dire que ce sont des fiches qui sont proposées sur les pratiques.

C’est organisé autour d’une société privée, pour s’affranchir des susceptibtilités des collectivités. Leur travail est parfois inégal et pour identifier les meilleures initiatives, il faut un regard critique. Et puis il faut aussi prendre en compte  la différence entre une commune de 1000 habitants qui n’a pas de département communication et une grosse ville avec une équipe dédiée. Ca pourrait laisser croire que les petites communes ne font rien du tout alors que parfois ce sont elles qui ont les meilleures idées.

MG : Et tout ça toujours avec un regard positif ?

AB : Oui bien sur ! Je suis toujours sur les initiatives, les démarches, les gens qui vont de l’avant. En revanche, ce sera aussi beaucoup de retours d’expérience, on parlera donc aussi des choses qui ont moyennement marché, à condition qu’on aie l’explication. Encore faut-il avoir des gens suffisamment courageux pour accepter d’en parler. Car c’est souvent très difficile d’avoir des retours sur des échecs.

MG : Aurais-tu 3 gestes faciles à conseiller aux amis de MarcelGreen, pour protéger l’environnement ?

AB : Déjà à l’approche  de l’hiver – on a beaucoup communiqué dessus mais je peux vous dire qu’on voit rapidement la différence - c’est d’abaisser son chauffage d’1 ou 2 degrés. Chez moi on vit a 2 avec quelqu’un qui est plutôt frileux et pourtant 18 degrés, ca convient a tout le monde parce qu’on s’y habitue extrêmement vite.

Ensuite les impressions. Personnellement j’arrive à un point ou je ne fais quasiment plus d’impressions. Et on se rend compte que si on n’imprime que ce qui est essentiel a lire – parce que je comprends que ce soit fatigant de lire sur écran – on peut quand même énormément diminuer sa consommation [ NDLR: chez MarcelGreen, on le sait… on n’a toujours pas d’imprimante] ...et quand c’est nécessaire, c’est mieux d’imprimer recto verso

Le troisième geste serait la nourriture. Il suffit de regarder les prix au kilo ou au litre pour se rendre compte que les produits ne sont pas plus chers. Par exemple les lessives vertes, le coût au lavage est le même que les lessives non bio. Tout simplement parce qu’elles sont plus concentrées. Et c’est le cas dans d’autres domaines, il ya des produits sans cochonnerie qui ne sont pas plus chers.

MG : Comment donner envie aux autres de faire l’effort des gestes pratiques ?

AB : La carotte, c’est simple, c’est le portefeuille. Certaines personnes se sentent déjà concernés et le dialogue est possible, il est facile de les convaincre. Mais pour les autres, il suffit de leur montrer la carotte économique et ça marche très bien.

Prenez par exemple l’éco conduite. Bien sûr il faut éviter d’utiliser son véhicule mais il y a aussi beaucoup de cas où il est impossible de s’en passer. Tout le monde n’a pas de métro, bus et tramway dans sa ville ! Et finalement ceux qui n’ont pas de voiture se servent toujours de celle des autres à un moment ou a un autre. L’éco conduite permet d'économiser énormément en carburant simplement en changeant de vitesse de manière plus fluide, en roulant à une vitesse plus adaptée etc. Et ça fait une énorme différence.

Pour s'y mettre, il existe un super gadget, qui permet de voir sa consommation en temps réel et ca marche très très bien. Pour beaucoup de gens ca devient un jeu : essayer d’être au plus bas.

MG : Enfin, quelle est la chose « pas green » dont tu n’arrives pas à te passer ?

AB : J’avoue que je suis assez High-Tech mais j’ai appris a faire évoluer mon matériel. Par exemple pour mon ordinateur, j’ai privilégié une machine qui coutait cher a l’époque mais pour 300 euros supplémentaires je l’ai fait vivre et aujourd’hui il a 5 ans d’âge et tient toujours la route. Ca fait presque partie des gestes quelque part… un matériel dans lequel on met 30% de plus, c’est au moins autant d’espérance de vie en plus.

MG : Merci beaucoup Angélie, et longue vie à Urbiz !


Le blog "Un geste par jour"

L'univers Netvibes créé par Angélie

Et bientôt Urbiz ...