Chaque jour, pendant la Semaine du Développement Durable, retrouvez sur MarcelGreen.com l'interview d'un acteur clé du Développement Durable. Aujourd'hui, c'est Hervé Grimaud, Directeur Général de Récylum, l'éco organisme de recyclage d'ampoules, qui nous parle d'ampoules et de petits gestes !

Marcel Green : Recylum est un éco organisme, pourquoi avoir fait le choix de ce statut, et qu’est ce que ça vous apporte par rapport à une entreprise classique ?

RÉCYLUM me grimaud small Hervé Grimaud : Il faut être très clair, l’entreprise classique n’a rien à voir avec le besoin que Recylum remplit, puisque Recylum a été créé pour permettre à des entreprises qui mettent sur le marché national des lampes à économie d’énergie, de remplir des obligations qui sont nées d’une directive européenne, la directive B3E. Cette dernière a ensuite été transposée dans le droit national français en 2005.

Nous avons comme obligations de mettre en œuvre collégialement en France un dispositif de collecte et de recyclage des déchets des produits qu’ils mettent en marché. C’est une mission qui se fait dans le cadre d’un agrément ministériel, sous le contrôle des pouvoirs publics. Donc nous sommes un peu à mi-chemin entre un organisme public et un organisme privé. C’est à dire que nous ne sommes pas la pour générer des profits, il n’y a aucun dividendes.

Tous nos revenus qui sont exclusivement issus de l’eco contribution, sont intégralement réservés à la communication que nous avons besoin de faire pour informer les consommateurs de l’intérêt que représente le recyclage des lampes à économies d’énergie.

Nous sommes en résumé une structure privée à but non lucratif sous le contrôle des pouvoirs publics.  

MG : Dès maintenant, les ampoules à incandescence disparaissent en Europe, quelles sont les conséquences pour la filière recyclage ?


HG :
Le bannissement des ampoules à incandescence a évidemment une forte incidence sur notre activité car cela va augmenter notre charge de travail, puisque notre vocation est de collecter et de recycler un maximum de ces lampes à économies d’énergie mises sur le marché. L’engouement des consommateurs pour les nouvelles lampes et l’application de la loi qui vise à progressivement interdire les lampes à incandescence vont nous donner de plus en plus de travail, et c’est tant mieux !

MG : Vous recyclez tous les types d’ampoule ?


HG : Non, nous ne recyclons pas par exemple les ampoules à incandescence parce qu’elles ne sont pas dans le périmètre de la directive, car celle-ci à une vocation environnementale. Le but n’est pas de devenir des stakhanovistes du recyclage, mais de recycler dans un souci réel de protection de l’environnement.

Ce serait quand même dommage que le dispositif mis en place pour recycler soit plus polluant que les éléments à recycler eux-mêmes. Or, les ampoules à incandescence, c’est beaucoup de vide, des matériaux qui se recyclent assez mal, le verre notamment, du fait de la présence du filament, qui rend très difficile ce recyclage.

Donc ce serait beaucoup de kilomètres avec des camions pour transporter des ampoules, pour les recycler ensuite avec les pires difficultés du monde. Il a donc été décidé de continuer à jeter ces ampoules avec les déchets classiques, c’est pour ça d’ailleurs qu’elles ne portent pas le petit symbole « poubelle barrée » que portent toutes les ampoules à économies d’énergie.

MG : Donc l’avantage des lampes à économie d’énergie ne réside pas uniquement dans leur consommation, mais aussi dans leur facilité à être recyclées ?

RÉCYLUM me grimaud smallHG : Effectivement, les lampes à économies d’énergie, les lampes fluo compactes, les lampes à LED etc. contiennent parfois des substances qu’il s’agit de récupérer, mais elles ont pour énorme avantage d’être composées de matériaux qu’on peut recycler avec une plus grande facilité que les ampoules à incandescence.

93% du poids des lampes à économies d’énergie qui nous sont confiées sont recyclées dans la fabrication de produits neufs. Par exemple le verre le verre des tubes fluorescents retourne dans la fabrication de tubes fluorescents. Le verre des fluo compactes est un abrasif de laine de verre ; les parties métalliques sont réinjectées dans la fabrication d’équipements métalliques etc.

MG : Et vous n’avez aucune difficulté à trouver des débouchés pour ces matières recyclées ?


HG :
Bon, conjoncturellement il y a des difficultés aujourd'hui, il y a une crise économique qui fait que les industriels d’une manière générale, qui étaient très friands il y a encore quelques mois de ces « matières primaires secondaires », c’est à dire des matières qui ont déjà été fabriquées mais qui peuvent être réutilisées. Car les ressources de la planète ne sont pas inépuisables, il est donc de plus en plus important de réutiliser les matériaux.

Et puis dans pas mal de cas, la réutilisation permet aussi des économies d’énergie. On a besoin par exemple de moins d’énergie pour faire fondre du verre qui a déjà été fabriqué qu’il n’en faut pour faire fondre la silice (le sable)  pour faire du verre pour la première fois. Donc un double intérêt pour les industriels.

MG : Pourquoi avoir choisit Mac Lesggy comme symbole de Recylum ?

HG :
Ah… c’est une affaire d’hommes avant tout. Une belle rencontre entre lui et les équipes de Recylum, il était le symbole de beaucoup de choses que nous cherchions, il nous fallait quelqu’un porteur de nos valeurs. Il présente ses émissions E=M6 sur la vulgarisation scientifique, en s’adressant au plus grand nombre. Il a de plus une éthique qui fait que nous avions envie de faire quelque chose ensemble ! C’est comme ça que Mac Lesggy est devenu l’égérie de Recylum, il est donc sur l’ensemble des visuels, il prête sa voix aux spots radio etc.
Je tiens à rappeler que nous ne sommes pas dans le secteur marchand, et nos messages doivent être portés par des gens partageant nos valeurs ! On est très attentifs à cela, et il se trouve que c’est le profil de Mac Lesggy.

MG : Etats, entreprise, citoyens... à qui faites-vous le plus confiance pour mener la “révolution durable”?

RÉCYLUM me grimaud smallHG : Je crois, et ce n’est pas une manière d’échapper à votre question, il faut arrêter aujourd’hui de rejeter la responsabilité sur les autres. Alors, c’est vrai pour beaucoup de sujets, moi je suis père de famille, j’ai 4 enfants, et sur beaucoup de sujets on ne peut pas se permettre de dire en permanence c’est le problème des autres. Et l’environnement encore moins que les autres, on ne peut pas reporter la faute et la responsabilité sur les autres.

Tout le monde est responsable. Il faut arrêter de diaboliser l’entreprise, une entreprise est faite de femmes et d’hommes qui chez eux se transforment en consommateurs, et doivent avoir une attitude responsable et éthique dans les 2 cas. Le citoyen qui à la maison prend la peine de démonter son ampoule fluo compacte pour la recycler,  pourra avoir le même type de comportement au sein de son entreprise, et porter les valeurs du développement durable au sein de l’entreprise. Si on garde l’exemple des ampoules, tout le monde est plus que jamais concerné puisque des ampoules il y en a partout !!

Donc l’état aussi doit montrer l’exemple, via ses lieux publics, ses collectivités, ses écoles etc. L’état doit insuffler une dynamique, et quelque part le simple fait d’avoir légiféré montre sa réelle volonté.  

MG : En tant que consommateur responsable, avez-vous vos produits ou marques éthiques préférés?

HG : Je n’ai pas de produits, mais j’ai des réflexes. Je ne suis pas convaincu qu’on puisse dire tel ou tel produit de telle ou telle marque soit le meilleur, mais je crois qu’aujourd’hui les comportements vont beaucoup servir : c’est éteindre la lumière quand on n’est pas dans la pièce, c’est mettre le bureau de ses enfants en face d’une fenêtre et non pas dos à la fenêtre.

Après sur la partie achat, il faut avoir un comportement d’acheteur responsable. Quand j’achète mes légumes, et je prends beaucoup de plaisirs à acheter mes légumes au marché ; j’adore cuisiner donc j’adore aller choisir moi même mes produits, je demande au commerçant qui me sert de ne pas me donner de sacs en plastique etc. Après, un produit emblématique de l’eco-consommation, je vais forcément vous parler de l’ampoule !

MG : Proust, Cerdan, Pagnol, Duchamp... Green: qui est votre Marcel favori ?


HG : Le vôtre, le « Green » bien sûr !!