Karine Damas est une des fondatrices de Byo2.com, une boutique marchande sur Internet pour trouver tous les produits cosmétiques !
Nous avons rencontré Karine pour mieux connaître cet univers : produits, gammes, labels. Mais aussi concurrence entre cosmétique bio, arrivée sur le marché de la grande distribution spécialisée, greenwashing etc. Voici un bel état des lieux de la cosmétique bio en France.

 



karine damas Byo2 Marcel Green : Bonjour Karine Damas, Pouvez vous vous présenter en quelques mots ?

Karine Damas : Alors je suis issue du monde de la cosmétique, chez Marionnaud pour être précis. Donc j’ai vraiment une formation d’esthétique, j’ai commencé à la base en faisant des soins, après en point de vente avec tout ce qui est connaissance de la cosmétologie. J’ai fais ça pendant 13 ans, au contact des clients.
Ensuite les années 2000, les années Internet. Marionnaud était déjà une grosse structure. Je connaissais très bien mon patron car j’avais commencé dans son premier magasin à Montreuil. Donc c’était facile pour moi de demander : « bon, qu’est ce que vous faites sur le web ? »
Il fallait qu’on soit présent. Mais ce n’était pas facile, c’était une entreprise familiale, et il fallait arriver à susciter l’intérêt pour Internet. Moi j’étais équipée à la maison bien entendu donc je connaissais tout ça.
Il y avait un site internet, mais géré par une boite d’informatique, mais c’était plus un site corporate, et pas très bien mis à jour… les débuts quoi !

Donc j’ai poussé mon employeur et au bout d’un an il a accepté, et j’ai pu prendre parti du projet Internet. Il m’a appelé un soir « Karine, vous intégrez l’équipe Internet, vous êtes au siège à partir de demain ! » Et ça c’était le 9 mai 2000.
On a donc monté le service à 2 avec Eric Bouriaud. On était la pour opérer la refonte totale du site, en gardant la partie corporate, mais en lançant la boutique en ligne. Et on s’est principalement servi de ma connaissance terrain en magasin pour appliquer tout ça et le traduire sur le web.

Après il fallait dès le départ avoir de bons outils d’administration pour pouvoir gérer nous même de façon autonome les mises à jour du site et des produits.
Suite à tout cela, nous avons donc été les premiers à avoir lancé une boutique de parfumerie de luxe sur Internet en France. Ensuite ça a été long, il y avait de vraies réticences de la part des marques, il y a eu de grosses négociations. On a par exemple été en réunion avec Chanel pendant près de 2 ans avant d’y arriver.

En 2005, Marionnaud a été racheté par un groupe chinois, donc une nouvelle équipe et des réorganisations. Ce fut dur pour la partie web pendant cette période la. C’est dommage car on avait une vraie avance au niveau technologique à cette période, on était présent sur Imode, on avait une boutique mobile où l’on pouvait acheter directement son parfum sur son mobile.

Eric Bouriaud est un grand fan de nouvelles technologies et on avait fait des choses superbes. Une Web tv par exemple, en 2005 ! Et ensuite tout s’est stoppé au niveau Internet … L’aventure Marionnaud s’est ensuite terminée pour moi en 2007 et je me suis donc lancé dans Byo2.

MG :  Quand et comment est né le site Byo2.com ?


KD :
En arrêtant Marionnaud, j’ai pris le temps de me poser, de me reposer pour me poser les bonnes questions avant de me lancer. Puis après de longues discussions avec Marie, mon associée sur Byo2, on s’est dit qu’on voulait surtout faire un truc qui nous fasse lever le matin avec le sourire. On a fait le point, et c’est vrai que dès qu’on avait un peu de temps, on était tout le temps rendu dans des magasins bios … on adorait ça, et en mixant ça avec notre compétence des cosmétiques et du web, on tenait vraiment quelque chose et nous avons acté le lancement !

Le site a été lancé en octobre 2007, donc ça c’était en septembre 2006 à peu près qu’on pensait déjà à tout ça …

MG : Quelle est l’idée, la philosophie de Byo2, qui vous démarque des autres boutiques bio traditionnelles ?


KD :
Donc au début on a benchmarker tout ce qui ce faisait sur le web au niveau du bio, et ce n’était pas du tout qualitatif, pas bien présenté …
L’idée était donc de mettre en valeur les marques, de promouvoir le bio. Et de le faire comme on a toujours traité les marques de luxe comme Chanel, Guerlain et autre. Valoriser l’image de la cosmétique bio. En soignant la qualité des visuels, les descriptifs des fiches produits, en parlant de l’univers de la marque.
L’objectif était vraiment de revaloriser l’image du bio, qui souffrait un peu d’un coté bobo etc.
Arriver à faire du bio comme on fait de la cosmétique traditionnelle, en présentant correctement les produits aux gens, et en leur détaillant bien les produits.
Il y a tout le temps un manque d’info, et c’est le principal avant l’achat. Chez Marionnaud, on avait même pensé à mettre à dispo sous forme de bornes interactives les contenus du site dans les magasins pour les vendeuses. Car il y a tellement de marques, de gammes, de nouveautés, de mises à jour, que c’est impossible de tout connaître !

MG : Comment se fait la sélection des marques et des produits ?

KD : Sur Byo2 déjà, il n’y a pas 50 marques. On a choisi certaines marques, on ne voulait pas non plus les marques qu’on trouve partout, on voulait être un peu sélectif. On recherchait la qualité au niveau des textures, des qualités sensorielles, des fragrances etc. Et puis surtout on a absolument tout testé, il n’y a que comme ça qu’on peut être sur !

MG : Quels sont les labels présents sur le site, pour aider les consommateurs à s’y retrouver ?

KD :
Alors il y a tous les classiques : Cosmebio, Ecocert etc.
Et on a en plus quelques marques/labels, pour compléter un peu notre offre et être sûr de pouvoir proposer plusieurs alternatives à chaque produit : c’est le cas d’Evera par exemple.
Mais c’est principalement du Ecocert / Cosmebio. Ce sont des critères qui nous permettent d’avoir une certaine assurance sur le produit, mais aussi autour du produit, au niveau de la fabrication par exemple, avec l’utilisation de procédés non polluant, non testés sur les animaux etc.  

Alors justement, il y a un nouveau label qui sort, qui s’appelle cosmétique équitable, par Ecocert. Ce nouveau label est donc équitable / solidaire et bio ! J’ai donc le plaisir de vous annoncer le lancement d’une nouvelle marque, qui sera la première avec ce label : Little Big Bio. Cela me fait penser à une autre très belle marque, qui s’appelle Nafha, qui n’a pas encore le label puisqu’il est à peine sorti, mais qui répond tout à fait à ces critères.
Le fait d’avoir un label qui va encore plus loin dans ses critères de sélection permet de pousser la démarche un peu plus loin ; on permet ainsi aux consommateurs de choisir les produits, pas seulement parce qu’ils sont meilleurs pour l’environnement, mais aussi pour les Hommes. Aussi bien les Hommes qui l’utilisent car c’est meilleur pour leur santé, que les Hommes qui le produisent, car c’est fait de manière équitable et responsable.

MG : Quelle est votre perception du marché de la cosmétique bio ? L’arrivée de  distributeurs spécialisés connus et grand public est-elle une bonne chose pour le secteur ?

KD :
Bien sûr ! Ils vont tirer le marché vers le haut. Nous on ne peut pas communiquer à grande échelle, de par nos faibles moyens. Alors si des grandes marques le font, tant mieux. Ils vont aider à faire prendre conscience aux gens de l’importance de changer de consommation. Vraiment, tant mieux ! Et le bio c’est pour tout le monde, donc il faut que tout le monde soit au courant, que tout le monde en entende parler. Et si les gens essaient leurs produits c’est très bien, car après tout le monde sait qu’on utilise pas qu’une seule marque dans sa vie, donc après ils vont essayer autre chose, chercher plus loin … et voilà.

Après attention, car il ne faut pas non plus que ça parte n’importe comment … car le bio est fait avec des essences naturelles, qui sont à préserver, donc il ne faudra pas faire n’importe quoi quand on va passer à grande échelle. Les ressources ne sont pas inépuisables, donc il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs qu’avec certaines ressources.

MG : Quel avenir pour le secteur des cosmétiques ? est ce qu’un marché « tout bio » est envisageable un jour ?

KD :
Alors tout bio je ne pense pas. Ne serait-ce que pour les cultures, ce ne serait pas une bonne chose. SI possible, j’aime bien lorsqu’on évite de tomber dans les extrêmes … donc c’est mieux si ce n’est pas « tout bio », car il y aura des dérives.

MG : Karine, y a t-il une petite « chose pas verte du tout » dont tu ne peux pas te passer ?

KD :
ah … mon parfum Chanel ! Mon « Allure » ce n’est pas possible sans, je n’y arriverais pas.

MG : Enfin, quelle est ta chose verte préférée ?


KD :
Ma brosse à dent ! et oui j’ai une brosse à dent bio de marque allemande, j’en suis très fière !

MG : Merci beaucoup Karine, nous tenons à te remercier ainsi que toute l’équipe de Byo2.

KD : Merci à vous, et je tiens à ajouter qu'il y a aussi Marie Krupka et Erick Bourriot qui travaillent avec moi, nous avons lancé cette aventure tous les 3 !

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