Chaque jour, pendant la Semaine du Développement Durable, retrouvez sur MarcelGreen.com l'interview d'un acteur clé du Développement Durable. Aujourd'hui, c'est Walter Bouvais, fondateur et directeur de la publication de Terra Eco, qui nous parle de développement durable personnel et de ballon de Muscadet ... ;-)



Marcel Green : Vous vivez à Nantes tout en éditant un média d’envergure nationale. Ce choix fait-il partie de votre engagement pour un développement durable?

Walter Bouvais : Il est clairement un des éléments de mon développement durable personnel ! Une partie de l'équipe, bien qu'ayant longtemps travaillé dans des médias parisiens, souhaitait vivre à Nantes (terre de naissance de quelques-uns d'entre nous, dont ma pomme - bio of course). Nantes est une grande ville, culturellement très riche, où presque tout est possible. Et quand on traite de développement durable - sujet planétaire par excellence - le faire depuis Paris ou Nantes ne change rien, donc. Et puis, l'Atlantique est à portée de main : on respire !

MG : Terra Eco vient de sortir en kiosque. Comment avez-vous résolu le problème de l’empreinte écologique lié au lancement d’un produit physique “grand public” ?

walter bouvais 2 WB : Nous ne l'avons pas résolu mais nous nous l'avons pris de front. Nous menons un lourd travail de réduction de notre empreinte écologique (déplacements, fournitures, etc.) depuis plusieurs années.

Pour le magazine, nous avons sélectionné des papiers conçus le + possible localement et le + possible à partir de fibres recyclées. C'est loin d'être parfait, mais nous avançons. Je rappelle que le papier - contrairement aux idées reçues - n'est pas un produit 'anti-écolo' par principe. C'est la manière dont il est produit qui conditionne son impact écologique. Nous travaillons aussi au choix des encres, à la minimisation des invendus, etc... Terra Eco est un des éditeurs français les + en pointe et les plus pro-actifs sur ces questions.

Au fait mon cher Marcel, connaissez-vous l'impact écologique d'une connexion d'internaute sur votre site ? ;-)

MG : Croissance Verte ou Décroissance, 2 courants de pensée à la mode, du quel vous sentez-vous le plus proche?

WB : Si vous voulez le fond de ma pensée - c'est un avis très personnel - : aucun des deux car ils renvoient tous les deux à un monde qui disparaît. Je pense que nous devons changer de logiciel, mesurer des richesses que nous ne mesurons pas pour le moment, cesser de considérer comme des richesses certaines actions (un accident de la route ou le naufrage de l'Erika ne sont pas une richesse et pourtant, comme l'a montré Patrick Viveret, ils génèrent de la croissance du PIB...), stopper la production de certains biens trop polluants et accroître celle de biens verts (agriculture bio par exemple). Rien de manichéen, donc, mais un changement de modèle en profondeur, tout de même.

MG : Etats, entreprise, citoyens... à qui faites-vous le plus confiance pour mener la “révolution durable”?


WB : Toutes les forces doivent être mobilisées, car il y a urgence :

  • les écogestes des citoyens sont intéressants et nécessaires car simples à mettre en oeuvre, mais ils ne suffiront pas ;
  • les entreprises ont la puissance pour faire basculer la demande de produits polluants à des produits plus verts et plus économes en énergie ;
  • les Etats sont indispensables car ils ont seuls la légitimité à imposer de nouvelles règles strictes. Et sans ces règles, ne nous leurrons pas : la révolution verte n'aurait pas lieu.

MG : En tant que consommateur responsable, avez-vous vos produits ou marques éthiques préférés?

walter bouvais 2 WB : Je tiens à dire que je ne revendique en aucun cas le titre "d'exemple à suivre".

Ce que je fais bien, ou pas trop mal :

  • me déplacer "propre" au quotidien : j'habite en ville, roule en Bicloo (vélo en libre-service : toujours là, toujours propre, toujours en état de marche), utilise au maximum le train pour les longues distances (Nantes-Paris toutes les semaines), un minimum la voiture (en location ou auto-partage) pour les week-ends par exemple ;
  • manger bio : fruits et légumes du marché le dimanche (et petit ballon de Muscadet de temps en temps en terrasse ;-), minimiser la consommation de viande (pas simple), éviter les tomates et  fraises en hiver (et même au printemps...) ;

Ce que je fais mal ou pas assez bien :

  • isolation de mon logement : très vieil immeuble, passoire énergétique ; on chauffe max à 18 (souvent à 17) mais si on était bien isolés on ne chaufferait presque plus ; c'est prévu mais ça coûte cher, donc dans les 2 ans qui viennent seulement ;
  • 1 trajet en avion par an en moyenne. Et ça, c'est la cata : ça fiche en l'air tous les efforts fait précédemment ; renoncer aux voyages est très difficile et ce point me rend pessimiste sur notre capacité à minimiser le recours à l'avion ;
  • trop de viande, malgré tout (empreinte écologique déplorable, même si je privilégie la viande d'élevage bio) ;

J'ai un faible pour Jardin Bio, super boîte tenue par un patron d'envergure et à la citoyenneté sans faille.

MG : Proust, Cerdan, Pagnol, Duchamp... Green: qui est votre Marcel favori ?

WB : Green, forcément.

Mais attention, Proust, sa madeleine au blé bio et sa camomille produite localement vous talonnent. Ca c'est pour la culture.

Et puis Cerdan, parce que le DD, c'est forcément un peu la bagarre. Contre soi, contre les idées reçues, contre la paresse, le refus de changer, l'establishment, etc.

 


 

A découvrir chaque semaine sur Terra Eco, l'objet qui tue ! Marcel vous recommande chaudement la lecture du "Demi de bière" 

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