La France innove dans les énergies renouvelables, on ne pourra désormais plus dire le contraire.

C'est à Brest que l'événement se déroulait. 16 mètres de diamètre, 21 mètres de haut, des dimensions dignes de celles d'un immeuble de 7 étages pour la première hydrolienne du monde développée pour EDF. Les hydroliennes, ce sont des éoliennes, mais sous-marines. Et au lieu de tourner grâce à la force des vents, elles tournent grâce aux courants marins. A la différence du vent, le courant marin est constant et prévisible, et peut ainsi offrir un rendement à cette technologie bien supérieur comparé à celui des éoliennes.

Des essais ont déjà eu lieu (au large de l'Ecosse par exemple), mais c'est bien la première fois qu'une machine de ce genre a un but clairement industriel. L'électricien a acheminé l'hydrolienne sur une barge spécialement conçue pour supporter ses mille tonnes, et qui l'immergera par 35 mètres de fond au large de l'île de Bréhat, dans les Côtes d'Armor. On pourra alors vérifier son adaptation au milieu naturel.

Si celle-ci est concluante, elle sera rejointe par trois modèles identiques avant la fin 2012. Les énormes hélices actionnées par la seule force des courants marins seront alors reliées à un convertisseur qui transformera leur mouvement en électricité. Ces quatre hélices devraient permettre d'alimenter en électricité entre 2 et 3000 foyers de la côte paimpolaise.

A terme, on estime que jusqu'à 4% de la production électrique nationale pourrait provenir de ces gigantesques pales. En effet, la France possède un domaine maritime où sévit un courant fort permanent, comme au large du Cotentin, idéal pour l'exploitation de ces hydroliennes. Un problème subsiste cependant : le coût de cette électricité nouvelle, huit fois supérieur à celui du marché actuel, mais qui devrait baisser dans les années à venir. D'ici à ce qu'elles remplacent les centrales nucléaires, on a encore un peu de temps devant nous.