Honda, Hyunday, Opel, Mercedes… Les grands constructeurs sont là. Pas de trace de Renault. Peugeot a une voiture présente, mais on ne peut pas la conduire. On choisi d'essayer une Opel GM et une Honda Clarity. Sur le stand Opel, on parle la langue de Goethe. Cette fois plus de doute : les Allemands sont de retour. Chez Honda, c'est l'anglais qui est de mise. Mais peu importe, finalement. On embarque, en prenant soin de mettre un autocollant de Marcel dans la poche pour faire une photo "en situation". En voiture Simone.

Pour les deux véhicules, ce qui marque, c'est le silence. Sur la chaussée, quand on est piétons, il est quasiment impossible de détecter à l'oreille l'arrivée d'une des voitures, ce qui donne lieu à plusieurs interpellations par vitres interposées. A l'intérieur en revanche, le bruit des roues sur le goudron est agréable, discret mais présent. Le bruit du moteur, lui, est complètement différent de ce qu'on connaît déjà : futuriste, il s'apparente à un petit sifflement qui gagnerait en intensité au fur et à mesure de l'accélération. L'accélération, justement, est plutôt bonne, et on atteint le 100 km/h en à peu près 6 secondes. Les sensations sont les mêmes que sur une voiture thermique, et on est rassuré de ne pas conduire des véhicules qui se traînent. A la montée, on avait quand même remarqué que l'Opel faisait un léger bruit, intermittent, mix subtil entre la fuite de gaz et le lecteur de disquette qui rame. Plutôt drôle. Bref, deux tours de circuit à chaque fois, 6 kilomètres en tout, et c'est déjà fini. 

Enfin, "fini", pas tant que ça, puisque nous voilà désormais devant une borne de recharge. Un photographe donne des consignes au démonstrateur comme s'il faisait une séance de photo de mode : "Tu prends le truc dans ta main, tu regardes à ta droite et tu fais comme si tu parlais avec quelqu'un". Il s'exécute de bonne grâce. Et les explications techniques arrivent. Un plein d'hydrogène, d'abord, représente 4 à 5 litres de gaz. Le tarif hors-taxe est d'environ 5€ le litre (qui permet de faire une centaine de kilomètres). Mais nul doute que si la technologie venait à se démocratiser, les pouvoirs publics viendraient taxer tout cela sévèrement. La TIPP, ça vous dit quelque chose ?

La ressemblance avec une pompe à essence est flagrante, et le temps de faire le plein est équivalent à celui qu'il vous faut pour faire un plein classique : entre 3 et 5 minutes. Et là, autant dire que les gens d'Air Liquide ne se sont pas privés d’insister sur la comparaison avec la voiture électrique, pour laquelle 6 à 8 heures de charge sont nécessaires pour parcourir 150 kilomètres. La pompe donne le choix entre de l'hydrogène compressé à 350 bars, ou à 700 bars (en fonction du modèle de véhicule). Vous faites votre choix grâce à une seconde borne tactile qui arbore fièrement le logo de Siemens. Et un très gros bouton d'arrêt d'urgence rouge, aussi. Le réservoir d'hydrogène embarqué est situé à l'arrière de la voiture et réduit le volume du coffre, mais on reste dans le domaine du raisonnable.

Les essais sont terminés. pour nous, en tout cas. On part prendre une petite collation, et on retrouve Benoit Potier qui répond à quelques questions. En vrac : la France ne doit pas laisser passer la technologie de piles à combustible, un objectif de 30% du parc automobile équipé de la technologie en 2050 est évoqué, un exercice de pédagogie sera à prévoir car rouler avec du gaz sous pression dans la voiture peut sembler dangereux. D'ailleurs, cette notion de danger n'a pas échapper à l'assistance : les blagues sur les explosions de voitures ont été de loin les plus entendues, sur le circuit de Marcoussis, en cette matinée d'octobre 2011…