La demande d'information en matière d'impact environnemental des produits de consommation est de plus en plus importante. C'est pour répondre à cette demande, dans le cadre du Grenelle II de l'environnement, que le ministère de l'écologie a entamé la phase test de l'affichage environnemental, qui sera multi-critères, ou ne sera pas. Une grande première en France et en Europe, où l'affichage environnemental, lorsqu'il existait, ne prenait en compte que certains critères, comme le très fameux indice CO2, la dépense énergétique, ou encore les composés organiques volatiles. Au risque de ne pas tenir compte d'autres pollutions, et de faire passer pour écologique un produit qui ne l'est pas.

Avec ce test, au contraire, l'affichage est multiple, et ce à tous points de vue : multi-produit, multi-critère et multi-support. Cela signifie que le panel de produits concernés est vaste (alimentation, textile/habillement, équipement de la maison, hygiène/beauté, etc.), que l'étiquette environnementale affiche plusieurs indications (CO2, impact sur l'eau, l'air et la biodiversité), et que le support d'affichage pourra varier selon la volonté de l'entreprise.

Dans un premier temps, le mode d'affichage n'est en effet pas fixé. Il peut donc se faire sur Internet (fixe et mobile), ou en magasin, sur le produit ou sur le ticket de caisse. Les entreprises sont également libres de choisir la présentation des données (valeurs brutes, note, classement par lettre, graduation par échelle, code couleurs, etc.).

Le consommateur minutieux risque donc de passer un peu plus de temps à faire ses courses, et celui qui ne l'est pas risque sans doute de s'y perdre ; car selon la façon dont les données sont tournées, l'impression n'est pas forcément la même, et l'on est en droit d'imaginer que les entreprises choisiront forcément le mode d'affichage qui les met le plus en valeur. Que le consommateur avisé n'endorme donc pas sa vigilance, sans perdre de vue, cependant, qu'il ne s'agit là que d'une expérimentation. c'est ce que rappelle Nadia Boeglin, conseillère au ministère du développement durable présente à la rencontre Beesday : « on a le droit d’essayer, de se tromper, d’évaluer… Si on ne le fait pas une fois, on ne va jamais l’améliorer ». Au bout d'un an de test, un rapport dévaluation du gouvernement sera proposé au Parlement, afin d'évaluer, selon les résultats, quelles sont les méthodes qui fonctionnent le mieux, et d'établir un affichage environnemental de façon définitive, qui sera alors le même pour tout le monde.

+ d'info : ministère de l'écologie, liste des 168 entreprises