Peu de bruit et pas d'émissions de CO2 : les dirigeables redeviennent à la mode.

Lorsque l'on pense aux moyens de transport écologiques, on a tendance à oublier les ballons dirigeables. Capables de transporter passagers et marchandises sur de grandes distances, ces géants des airs ne sont cependant pas nombreux à naviguer dans les cieux. Pourtant, ces jours-ci, la technologie revient sur le devant de la scène.

Tout d'abord, c'est une triste information qui inaugure ce retour en grâce dans les médias : le 6 mai dernier, nous "célébrions" le 75ème anniversaire de la catastrophe du Hindenburg, un ballon dirigeable nazi devenu mythique après son accident (un peu à la manière du Titanic), qui le vit s'enflammer puis s'écraser dans le New-Jersey, en 1937. Bilan : 35 morts.

Quasiment abandonné depuis, l'aérostat semble s'offrir une seconde jeunesse. Pendant une vingtaine de semaines, l'un de ces ballons (en photo) chargé de matériel scientifique survolera l'Europe entière pour étudier la qualité de l'air que nous respirons et tenter d'établir un lien avec le changement climatique. Dans le même temps, des relevés similaires seront effectués au sol, ce qui permettra une comparaison des données et une meilleure description des panaches de pollution. Au terme de l'expérience, les instances européennes pourront alors statuer sur de nouveaux règlements de la qualité de l'air...

Et puis enfin nous apprenons en lisant La Tribune qu'une société réfléchit à une exploitation commerciale du dirigeable. L'objectif serait de créer un ballon capable de transporter un container de 32 tonnes. Le V901, nom du ballon, devrait à terme voler grâce à l'hydrogène, utilisé pour sa propulsion (comme pour les moteurs de voitures à hydrogène, les seuls rejets seraient alors quelques gouttes d'eau, et non pas du CO2). L'engin, piloté à distance, pourrait acheminer toutes sortes de marchandises dans des zones défavorisées, éloignées de toute voie de communication, et ce pour un coût écologique et financier moindre. Ses créateurs, qui pensent déjà à l'après-pétrole, se donnent néanmoins un délai de vingt ans avant de faire voler leur machine.

On a quand même le temps de voir venir...