Chaque jour pendant la semaine du Développement Durable, zoom sur un des symboles de l’éco-consommation. Personne, objet, initiative, service... Aujourd'hui, les AMAPs.

La grande surface est souvent présentée comme la forme la plus aboutie de la distribution alimentaire. Véritable machine de guerre dans laquelle sont investis chaque année des millions d’euros en recherches, études et analyses. Un modèle imparable, fruit de 60 ans d’évolution...

Il existe pourtant un autre réseau de distribution né en 2001, qui compte déjà plus de 1200 relais locaux, nourrit plus de 60.000 familles en France et génère un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros. Le tout sans le moindre centime dépensé en communication. Ce réseau, c’est celui des AMAPs, Associations pour la Défense de l’Agriculture Paysane. Il s’est pourtant construit à l’exact opposé du modèle de la grande distribution, tout proche des valeurs humanistes et écologistes. Démonstration.

Le choix

Les plus grands hypermarchés peuvent offrir jusqu’à 130.000 références différentes dont 8.000 alimentaires. Une course au choix qui justifie des surfaces de ventes gigantesques atteignant presque 20.000m2 pour le magasin Auchan de Velizy en région parisienne.

En AMAP, on achète un produit et un seul : le panier de fruits & légumes Bio et de saison, cultivés par un producteur local. Sans choisir ce qu’il y a dans le panier ! En hiver, pas question d’y rajouter des fraises ou des tomates, on consomme ce que le terroir local peut nous offrir, un point c’est tout.

La qualité

bio Vouloir tout faire, tout le temps, au meilleur prix, c’est souvent faire n’importe quoi. Et quelques soient les efforts déployés par les grandes surfaces, une tomate d’hiver aura toujours un savoureux gout de plâtre, une clémentine élevée sous une lampe électrique dans une serre surchauffée manquera toujours de jus et un ananas cueillit vert, 2 mois avant de le consommer filera toujours des aphtes…

L’objectif des AMAPs n’est pas de proposer « de tout » mais simplement ce qui est bon au moment ou on le consomme à l’endroit ou on le consomme. Et ce, certifié bio, donc sans pesticides ni engrais chimique.

Le juste prix

Dans leur zone de chalandise, les enseignes d’hypermarchés se livrent à une compétition féroce pour être en permanence moins chères que leurs concurrentes, entrainant avec elles leurs fournisseurs dans une course effrénée dont ils ne sortent pas tous indemnes.

Entre les AMAPs, pas de concurrence. Du coup, le prix du panier n’est pas fixé en fonction du marché mais en fonction de ce qu’il coute à produire. En plus : une marge suffisante pour faire vivre le producteur. En moins : toutes les commissions habituellement prélevées par les intermédiaires (grossistes, centrales d’achats, etc). Au final, un prix équivalent à celui du Bio que l’on trouve en rayon.

La fidélité

La fidélité. Eldorado de la grande distribution. Les enseignes l’arrachent à leurs clients à grand renfort de cadeaux, cartes à point et autres promotions. Chaque année, des millions d’euros d’investissement.

La fidélité. Un passage obligé en AMAPs. Non seulement chaque membre s’engage pour un an, mais en plus il paie sa consommation à l’avance afin de donner au producteur une visibilité sur le volume de production qu’on attend de lui et les moyens de le fournir.

L’emplacement

amaps S’il est une règle sacrée dans le secteur de la grande distribution, c’est celle de l’emplacement, facteur clé de succès d’un magasin. Ni trop près, ni trop loin des villes. Entouré d’enseignes complémentaires mais loin des concurrentes. L ‘implantation d’un hypermarché est le fruit d’un savant calcul…

Pas celle d’une AMAP. Pour faciliter l’organisation du producteur, la distribution se fait souvent directement à la ferme ou dans un bâtiment proche. C’est le consommateur qui vient au produit, pas l’inverse et il arrive que ni métro, ni bus, ni tramway ne l’y emmène…

Le sens

Mais ce qui fait le succès de l’AMAP, malgré les efforts qu'elle demande au consommateur c’est sans doute par dessus tout le sens qu’elle réinjecte dans l’acte de consommer. Acheter un produit dont on connaît le producteur et l’origine, sans fausse promesse, sans marketing trompeur, au sein d’un système qui ne prend pas le consommateur pour une courge.

Dans un monde où les langoustines pêchées en Ecosse sont épluchées en Thaïlande pour être vendues sur les marchés Français… L’AMAP est un acte d’achat qu’on comprend, simplement.

+ d'infos: Mouvement Inter-Régional des AMAP, le panier paysan: des paniers bio en ligne