Chaque jour pendant la semaine du Développement Durable, Marcel se pose une question et tente d'y répondre... Aujourd'hui, il s'agit d'éducation.

Le développement durable est la clé de la société de demain. Il nous faut changer nos comportements, nos modes de consommation et sans vouloir jouer les Père-la-morale, force est de reconnaitre que les gestes de demain s'apprennent aujourd'hui.

Et justement aujourd'hui, où en sommes nous ? Dans un monde régi par la logique financière, les élites de demain sont toujours formées à l'ENA et initiées à l'administration pure et dure. Les élèves en formation dans les écoles de commerce sont formés à la politique du chiffre, à l'efficacité économique. Et même dans des filières à la fois en grand danger et pourtant porteuses d'espoirs comme l'agriculture, les formations dérapent.

claude-bourguignon_nnb Un exemple aussi drôle qu'inquiétant est apporté dans le dernier film de Coline Serreau : Claude Bourguignon, ingénieur agronome, explique avoir été le dernier élève formé à la microbiologie des sols en France, bénéficiant même de cours particuliers lors de sa dernière année, étant le seul étudiant inscrit. La formation fut d'ailleurs supprimée après son passage. Selon lui, rares sont les agriculteurs d'aujourd'hui qui connaissent la variété de la vie (et sa nécessité) dans les terres cultivées. Beaucoup ne savent  pas cultiver autrement qu'avec engrais, fertilisants, et pesticides qui tuent leur terre à petit feu.

La tendance commence quand même à s'inverser. Dès l'école primaire, des activités de tri des déchets sont proposées aux écoliers. Des portails internet dédiés aux enfants sont en ligne (la section enfants du site du Ministère, celle du site de l'ADEME), et même dans l'enseignement supérieur les consciences semblent s'éveiller. On citera pour exemple le MBA spécialisé Marketing et développement durable à l'Institut Léonard de Vinci à La Défense (92), ou le Master Urbanisme, projet territorial, et développement durable à Aix-Marseille 1 (13). Du côté du bio, une Licence professionnelle agriculture biologique a été créée en 2008 à l'Université Blaise Pascal et à l'Ecole Nationale d'Ingénieurs des Travaux Agricoles, toutes deux à Clermont-Ferrand, associés à des lycées agricoles de la région. Et les exemples commencent à se multiplier un peu partout en France.

Avec la montée en puissance des produits bio et la prise de conscience de la nécessité de nouveaux modes de développement durable, avec les initiatives de sensibilisation et de formation aux modes de consommation de demain, nul doute que les générations futures sauront mieux gérer leur environnement que nous ne l'avons fait.

Demain (2/7): La campagne à la ville, est-ce possible ?