Chaque jour pendant la semaine du Développement Durable, Marcel se pose une question et tente d'y répondre... Aujourd'hui il s’agit d’écologie et de politique. La cause environnementale est-elle dépendante de la politique ?

Peut-on faire avancer la cause écologique sans prendre en compte la dimension politique ? Une initiative écologique peut-elle être couronnée de succès sans intervention politique ? Et est ce que les avancées  en matière d’environnement dans les pays occidentaux se sont rendues dépendantes des actions gouvernementales ? Ok, cela fait beaucoup de questions pour un jour férié, mais l’actualité nous pousse à nous demander si oui ou non l’écologie est devenue « politiquo-dépendante » ?

Au lendemain des dernières élections régionales, le gouvernement annonce le retrait pur et simple de la taxe carbone. Le beau projet de Contribution Climat Energie a donc été décrié, secoué, promis puis … enterré. On peut se demander si c’est l’écologie qui s’est invité à tord il y a quelques dizaines d’années dans les affaires politiques, ou si la politique s’invite trop souvent dans les affaires environnementales ?

Revenons 36 ans en arrière. René Dumont, brillant agronome français, fait irruption dans l’élection présidentielle consécutive à la mort du Président Pompidou. C’est le premier candidat écologiste français. L’écologie fait ses premiers pas en politique. Les scores sont anecdotiques, mais le pas est sauté. La défense de l’environnement devient donc un véritable thème politique, au même titre que l’industrie, la défense ou la santé.

Puis les choses s’accélèrent, à chaque élection, les « verts » au sens large du terme, prennent de plus en plus de poids dans les discussions. Jusqu’aux élections présidentielles de 2007 et l’arrivée du Pacte Ecologique. Nicolas Hulot obtient la signature d’un pacte des mains de 5 candidats sur les 12 … et de 700 000 citoyens. L’écologie s’est véritablement immiscée dans la politique, mais commence même à imposer certaines choses, avec l’appui de l’opinion publique.

Mais c’est aussi la que la dépendance s’opère. Les gouvernements mettent en place des mesures ayant pour objectif de limiter les conséquences de notre activité sur la planète. Mais quid d’un éventuel revirement politique ? Que se passe t-il si du jour au lendemain, le gouvernement supprime les bonus-malus mis en place, si les ampoules à économies d’énergie ne sont plus obligatoires etc ?

Evidemment, il n’y a aucune raison pour qu’un gouvernement fasse machine arrière sur des avancées écologiques, mais il peut en revanche décider de ralentir ces avancées …

A côté de cela, des ONG et des associations de protection de la nature font un travail gigantesque, et ce depuis des années, pour préserver la beauté de notre planète. Et ils n’ont jamais eu besoin de soutiens politiques, d’appuis ministériels ou de coup de pouce régionaux pré-électoraux pour exister, se battre et obtenir des résultats. Ces militants, bénévoles dans la plupart des cas, effectuent un travail concret, nécessaire et pas toujours reconnu, qui n’a jamais été, n’est pas et ne sera surement jamais corrélé à quelconque aspect politique.

Le citoyen, au sens étymologique du terme, est fortement lié à la vie politique. Mais l’homme lui, est libre, à 100%. On peut donc penser que nos comportements, nos engagements, nos gestes sont complètement indépendants de toute action politique. A nous de jouer donc, pour faire avancer les choses en toute indépendance.

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