La question du nucléaire aura été un grand moment du débat de l'entre-deux tours du 2 mai.

17 millions de téléspectateurs, soit 62,8% des personnes devant leur écran. Un pic enregistré à 19,5 millions peu avant 21h30. Autant dire qu'à moins que l'Equipe de France n'aille en finale de l'Euro 2012 le 1er juillet prochain, on tient là le meilleur score d'audience de cette année. 

De quel programme parle-t-on ? Du débat entre les deux derniers candidats à l'élection présidentielle diffusé hier sur les deux premières chaînes, ainsi que sur des canaux de la TNT. Si vous étiez scotchés aux lèvres des deux candidats, vous avez peut-être remarqué que l'écologie ne s'est pas taillée la part du lion, loin, très loin de là. 

La planète n’aura finalement été abordée qu’au travers du débat sur le nucléaire. Un sujet de discorde entre les deux candidats, que le président sortant a essayé d'avancer dès le début des hostilités. Il a cependant fallu attendre la dernière partie de l'émission pour que les deux journalistes chargés de poser les questions et de faire respecter les temps de parole ne lancent le thème du nucléaire. 

Nicolas Sarkozy a dénoncé l'accord signé entre le PS et EELV, tout en réaffirmant sa volonté de maintenir la France parmi les leaders du nucléaire civil. Face à lui, François Hollande a confirmé vouloir poursuivre le chantier de l'EPR, tout en voulant réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique, en fermant la centrale de Fessenheim et en investissant dans les énergies renouvelables. Une bagarre de positions, mais aussi de chiffres sur lesquels les candidats auront été plus ou moins précis. Le site Owni, en collaboration avec iTélé a par exemple relevé cet écart du président Sarkozy, qui a affirmé que depuis le début de son quinquennat “Nous avons multiplié par 4 l’énergie éolienne”. Or, qu’il s’agisse du nombre d’éoliennes ou de la puissance produite grâce à celles-ci, aucune trace dans les données officielles d’un quelconque quadruplement : au mieux, la multiplicaiton a été de 2,27 (pour la production), au pire de 1,72 (pour le nombre d’éoliennes). Les autres erreurs du débat par ici.

Au final, quel que soit le vainqueur de dimanche prochain, le nucléaire semble parti pour rester. Ni le drame de Fukushima, ni l’intrusion hier d’un militant de Greenpeace dans la centrale de Bugey dans l'Ain n’auront suffi à infléchir les positions des 2 principaux candidats. Autant dire qu’on en n’a pas fini avec le débat sur l'atome...