Ce samedi, à Roubaix, Eva Joly a présenté son projet présidentiel devant une salle acquise à sa cause.

Créditée d'à peine 3% d'intentions de vote pour l'instant, la candidate EELV a été précédée sur scène par une Cécile Duflot en forme et plutôt offensive qui a adressé un message "aux pisse-froid et aux casse-couilles" : le parti écologiste ira jusqu'au bout de la campagne et n'envisage aucunement de se retirer. La grande offensive est donc lancée par la secrétaire nationale du parti, qui laisse sa place à l'ancienne juge. Raillée pour son accent il y a quelques semaines, la candidate fait preuve d'une belle auto-dérision puisque c'est avec l'accent Ch'ti qu'elle commence son discours. Les déclarations de Nadine Morano sur le physique d'Eva ne seront même pas abordées : elles ne le méritent pas.

Sur scène, devant 1500 spectateurs (en majorité des militants), Eva Joly a détaillé le programme qu'elle appliquera si elle est élue. Bien sûr, représenter le parti écologiste à l'élection suprême impose de faire des propositions pour l'environnement, mais cela impose aussi de s'intéresser à tous les autres enjeux de la société, qu'ils soient économiques ou sociaux. Jetons un oeil sur quelques-uns de ces enjeux avant de nous attarder sur l'écologie, qui reste malgré tout le coeur du programme de la dame aux lunettes rouges.

Parmi les mesures envisagées les plus marquantes, on retrouve ainsi la lutte contre la corruption, l'instauration d'une taxe sur les transactions financières, le retour à la retraite à 60 ans, une augmentation de 50% de tous les minima sociaux, la création d'un poste de vice Premier ministre chargé des questions européennes, ou encore le retrait des troupes d'Afghanistan d'ici la fin 2012.

Côté écologie, on retrouve de belles propositions parmi lesquelles des aides de 4 milliards d'euros par an apportées aux transports alternatifs à la voiture et au camion, la mise en place d'un plan national d'éducation à la préservation de la nature, la conversion d'au moins 20% des surfaces agricoles à l'agriculture biologique d'ici 2017, un objectif de 100% de nourriture bio servie dans les cantines... Mais les deux propositions les plus impactantes resteront sans doute

  • la sortie programmée du nucléaire en 20 ans, avec une étape intermédiaire en 2020, où 40% de l'énergie produite devra être renouvelable.
  • la loi d'urgence écologique qui a un "objectif triple zéro" : zéro OGM, zéro gaz de schiste, et zéro autoroute supplémentaire. Tout est dit.

Ne reste plus qu'à convaincre des millions d'électeurs de voter pour elle, pour avoir une chance de peser au second tour de l'élection...