La grande famille des bâtiments HQE accueille l'épatant refuge du Goûter, sur la route du Mont-Blanc.

Quelque part sur la route menant au sommet du Mont-Blanc, à 3835 mètres d'altitude, un nouveau refuge pour alpinistes et aventuriers de la montagne a vu le jour : le refuge du Goûter. D'une capacité de 100 places (qui sera portée à 120 en 2013), celui-ci offre non seulement une architecture tout à fait étonnante, mais aussi et surtout une exemplarité environnementale sur laquelle nous ne pouvions pas ne pas nous attarder.

Le refuge du Goûter, c'est d'abord un bâtiment qui a nécessité 6 ans d'études pour 3 années de travaux. Un chantier particulièrement difficile puisque situé à flanc de falaise, et se déroulant sous des températures pouvant parfois descendre jusqu'à -20 degrés. Le résultat, c'est un batiment HQE qui s'intègre le mieux possible à son environnement. 

Le choix des matériaux a d'abord été primordial pour diminuer l'empreinte carbone de l'édifice, et les espèces locales d'épicéa, de sapin blanc et de mélèze ont été directement prélevées dans les forêts de la commune de Saint-Gervais, sur laquelle est situé le refuge. Une fois coupées, les différentes essences de bois ont été préassemblées dans la vallée, et ont ainsi permis de réduire de 30% le transport vers le chantier, et avec lui les émissions de CO2 qui y sont liées. Précision : "transport", dans le cas d'un chantier de haute-montagne, signifie "héliportage". 

Certaines techniques plus traditionnelles utilisées dans la construction de batiments HQE ont bien entendu été intégrées : le recours à l'énergie solaire pour répondre aux besoins en électricité et en chauffage, l'utilisation de triple vitrage pour améliorer l'isolation thermique, ou une ventilation dite "double-flux", qui récupère la chaleur de l'air expulsé du refuge pour mieux la redistribuer. 

Le "petit plus" écologique, c'est la façon dont a été pensée l'alimentation en eau du refuge : à cette altitude, trouver de l'eau à l'état liquide s'avère impossible avec une température moyenne annuelle de -8 degrés. Les architectes ont alors imaginé un "fondoir à neige" : des capteurs solaires transmettent la chaleur de celui-ci au fondoir, où la neige s'accumule, pour la faire fondre et transmettre l'eau au circuit de distribution du refuge. D'ailleurs, toutes les eaux usées du refuge du Goûter font l'objet d'une filtration et d'un traitement UV avant d'être rejetées. Propre(s). 

Le refuge devrait ouvrir à la fin de ce mois d'août, et une inauguration officielle, en présence de la ministre des Sports, était prévue pour le début du mois de septembre. Mais, comme nous l'apprend ce reportage de TV8 Mont-Blanc, celle-ci ne devrait finalement pas avoir lieu. Ce qui n'empêchera pas le bâtiment de respecter son environnement…