Oubliez les chiffres porte-bonheur. 21, c’est le numéro fétiche de l'éco-citadin : depuis quelques années, les Agendas 21 ont envahi le paysage institutionnel français. Communautés de communes, municipalités, pays, régions… Toutes les grandes entités administratives ont désormais le leur. Mais au fait, à quoi ça sert ?

 

 

L’Agenda 21 est un véritable projet de développement durable, un plan d’actions qui abordent des thématiques variées mais souvent liées : la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, le respect de la diversité culturelle et la lutte contre les exclusions, le soutien aux filières environnementales et à l’économie sociale, la coopération internationale et enfin, l’éducation au développement durable… ça fait pas mal pour l’éco-citadin. Surtout que des Agendas 21, il y en a à la pelle : dans certaines villes, on en est déjà à la troisième génération. Il faut dire que l’Agenda 21 est surtout un projet politique, qui repose sur la volonté des élus.

Mais pour que les actions proposées fonctionnent, il faut que la ville se bouge un peu : et qui mieux que ses propres habitants pour se mobiliser ? Les éco-citadins sont les bienvenus dans l’élaboration même des mesures prises, et peuvent librement donner leur avis. Pour ce faire, de nombreux procédés de démocratie participative ont été élaborés. Toutes les villes ont eu leurs « ateliers de concertation », leur « Forum 21 », afin d’impliquer l’éco-citadin… qui bien souvent meurt d’ennui dans des salles municipales glauques et préfère laisser les associations s’occuper de ça. Et puis il y a un bon film à la télé le soir même de la réunion…

L’éco-citadin veut bien faire des efforts mais son temps est précieux. Pour le mobiliser, certaines villes ont trouvé un créneau : la participation ludique. Certains Agenda 21 se discutent autour d’une pièce de théâtre (le « théâtre-législatif »), qui permet un cadre de négociation plus souple, plus léger… et surtout plus fun ! Plus récemment, une communauté de communes de l’Aveyron a même organisé un concours visant à récompenser l’éco-originalité de ses habitants en leur proposant de gagner des VTT, des places de ciné en l’échange du partage d’une bonne pratique de développement durable dans le cadre de l’Agenda 21 !

Pourque l’éco-citadin se mette véritablement sur son 21, les élus doivent se mettre eux sur leur 31 : l’Agenda ne doit pas servir leur légitimité, mais être chouchouté par les éco-citadins. Et pour cela, il faut qu’il soit directement - et volontairement - impliqué : il reste du boulot ! Mais les Agendas 21 territoriaux, du type d’entreprise, ou scolaire, sont peut-être une bonne éco-idée : on en reparle la prochaine fois !

Pouren savoir plus, agenda21france.org

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Retrouvez Sébastien Lévrier, auteur de cette série, sur son site Internet, Le Globe Lecteur.fr