Le gaspillage des denrées alimentaires représente 25% de la production mondiale de nourriture. Cette alarmante statistique pourrait amener le gouvernement anglais, dans un futur proche, à revoir son système de dates de péremption.

Il y a les aliments achetés en trop grosse quantité à cause d'une "promotion exceptionnelle" et qui s'abîment avant même qu'on ait eu le temps de les manger. Il y a ceux qu'on a innocemment oubliés dans un coin du placard ou du frigo trop rempli. Il y a ceux que l'on jette à la fin d'un repas, parce qu'on n'a plus faim. Et puis il y a ceux que l'on jette alors qu'ils sont encore sous emballage scellé hermétiquement, sans prendre la peine de regarder s'ils sont bons ou pas, juste parce qu'ils ont atteint la fameuse "date limite". Tout  ceci n'est qu'une partie de la production mondiale de déchets alimentaire ; car nous n'avons pas encore parlé des surplus de production, des défectueux qui finissent à la poubelle avant la distribution, et de tous les invendus des grands magasins, que l'on jette aussi parce qu'ils ont dépassé la date de péremption.

Selon un rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), si l'on parvenait à arrêter le gaspillage tout au long de la chaîne de production alimentaire, celle-ci serait suffisante pour nourrir le monde entier. De plus, les aliments jetés ont un impact environnemental lors de leur production ET de leur dégradation. Une double pollution, et de l'argent jeté par les fenêtres pour rien, rien du tout.

Au Royaume-Uni, où les dernières statistiques annoncent 8 millions de tonnes de déchets alimentaires par an, dont 5 millions encore bons à manger, on commence à réfléchir à comment remédier au problème. Ce gaspillage représente une moyenne de 785 € par foyer chaque année. Le gouvernement envisage tout bonnement de supprimer les dates de péremption, à l'exception des produits frais comme les crevettes, les oeufs et les laitages.

Il faut dire que le système de dates de péremption anglais comporte plusieurs indications de dates sur un même produit (date de péremption, date limite de consommation optimale et date de vente ). Ce système compliqué, qui entretient la confusion des consommateurs, pourrait bientôt être remplacé par de simples informations sur les risques sanitaires qu'il peut courir en gardant un aliment trop longtemps.

Nul doute que la concrétisation de ce projet serait la preuve d'un effort considérable des autorités anglaises pour alléger la facture économique et écologique de leur pays. Pendant ce temps, en France, l’Ademe et les associations écologistes lancent des campagnes de sensibilisation pour la réduction des déchets. Mais en dehors des prises de position des gouvernements, chacun peut s’inspirer de cette idée et réapprendre à faire confiance à son flair plus qu'aux prescriptions souvent arbitraires des dates de péremption.