Au Canada, un hôtel autoproclamé "le plus écolo d'Amérique" ouvre ses portes ce mois-ci.

 

 

C'est à Toronto, au 357 College Street, que se passera l'évènement. L'ancien bâtiment vieux de 150 ans a été rénové et transformé en un hôtel de 114 lits. Anthony Aarts, l'homme à l'origine du projet s'est allié à un financier-écolo, Tom Rand, qui lui a fourni les centaines de milliers de dollars nécessaires au chantier.

Ensemble, ils proposent donc un hôtel équipé des technologies écologiques les plus classiques : des panneaux solaires couvrent le toit du bar et subviennent ainsi aux besoins en eau chaude de celui-ci, et des ampoules à LED ont été installées dans tout l'endroit. La facture d'électricité est alors réduite de 12,5%.

Mais deux technologies beaucoup moins banales dans des constructions de cette ampleur retiennent l'attention. Dans les douches tout d'abord, des bobines de cuivre sont enroulées autour du drain, le tuyau qui sert à évacuer l'eau dans les égouts. Mais cette eau qui a mis moins de 10 secondes entre le moment ou elle est sortie de la pomme de douche et celui ou elle passe dans le drain, est encore chaude : ces bobines de cuivre servent donc à récupérer la chaleur et à la réutiliser pour chauffer l'eau qui est encore dans le circuit de distribution. 7,5% d'économies d'énergie sur l'ensemble de l'hôtel seraient faites grâce à ce système.

Le chauffage du bâtiment tout entier (ou sa climatisation d'ailleurs), est assuré par un dispositif de géothermie. Dit comme ça, ça n'a rien d'impressionnant. Après tout, tout le monde peut en faire autant dans son jardin. L'originalité ici est que les tuyaux nécessaires à ce procédé plongent à 115 mètres sous la surface du sol : 8 boucles, soit plus de 2 kilomètres de tuyaux, sillonnent donc le sous-sol de la bonne ville de Toronto à l'exacte verticale de ce nouvel hôtel. Une faible quantité d'énergie est nécessaire pour envoyer et faire remonter le glycol, le liquide qui capte la chaleur ou la fraicheur de la Terre, mais les économies réalisées au final se chiffrent à quelques 2000$ par mois. Cela ne représente pas moins de 40% d'économies d'énergies.

Au final, en additionnant les avantages de tous ces systèmes, l'hôtel consommera 4 fois moins d'énergie qu'un bâtiment classique similaire. Et la démarche de MM. Aarts et Rand a depuis inspiré la municipalité de Toronto, qui a lancé une vaste étude sur les perspectives de la géothermie.

Reste à tester l'hôtel...