Les bio-carburants sont devenus le fer de lance de la plupart des constructeurs automobiles en retard sur le développement des technologies hybrides... Non pas que ces technologies soient totalement irréprochables (on connait le problème posé par leur production énergivore ou le recyclage de leur batterie toxique...) mais elles ont l'avantage d'être résolument tournées vers le futur grâce à une flexibilité qui permet le développement de multiples solutions.

Les bio-carburants, de leur côté, offrent une solution facile à mettre en oeuvre a court terme: ils sont déjà utilisables à petite dose dans n'importe quel moteur traditionel et jusqu'a 85% pour l'ethanol et 30% pour le biodiesel dans des moteurs améliorés proposés aujourd'hui par Saab, Peugeot ou Renault... Oui mais voila, si leur utilisation permet en effet de réduire la consommation et les émissions de CO2 des véhicules équipés, leur production en revanche, pèse lourdement sur l'environnement. Les anglais appellent cette analyse 'from well to wheel' (du puit aux roues) ou 'from craddle to grave' (du berceau à la tombe) elle consiste a évaluer l'impact d'un carburant sur l'ensemble de sa durée de vie et non pas seulement sur sa période d'utilisation.

Voici 4 points noirs détaillés de manière experte dans l'excellent article de Eric Holtz-Giménez sur www.cdurable.info:

Mais1. L'augmentation des surfaces cultivées nécessaires pour répondre à la demande de bio-carburant se fait la plupart du temps au détriment de forêts anciennes ou sauvages dans l'hémisphère sud. Elle n'augmente donc pas la capacité d'absorption des gaz à effet de serre de la planète. Pire, elle encourage la déforestation, nécessite l'usage massif d'eau et d'engrais et appauvrit les sols.

2. La manne que représente la production de soja, de palmiers a huile ou de canne à sucre depuis l'explosion des bio-carburants a incité les grands groupes agroalimentaires et énergétiques a s'impliquer plus fortemement dans leurs chaînes de production. Les techniques d'agriculture intensive ainsi introduites sont beaucoup plus efficaces et nécessitent souvent moins de main d'oeuvre que les exploitations familliales...

3. L'explosion de la demande pour certaines denrées alimentaires utilisées dans la production des bio-carburants a fait considérablement grimper leur prix, les rendant parfois innaccessibles aux populations locales. Ce mécanisme a déjà poussé la Chine a annoncer l'arrêt de la production d'éthanol à base de maïs pour tenter de limiter son impact sur la chaîne agroalimentaire.

4. Les industriels annoncent depuis longtemps l'arrivée de bio-carburants de 'deuxième génération' produits a partir de végetaux sauvages ou de synthèse, et donc pesant moins lourd sur les ressources alimentaires de la planète. Mais, aucune de ces solutions ne résoud les problèmes environnementaux et sociaux posés par l'agriculture intensive.

Bref, le secteur de l'énergie semble naviguer d'un problème à l'autre dans sa course contre la montre pour remplacer les ressources non-renouvelables (pétrole, gaz naturel, charbon...). Le nucléaire posait déjà le problème de ses déchets, voila maintenant que les bio-carburants montrent aussi des signes de faiblesse...

Bien sûr, des développements téchnologiques sont a prévoir dans ce secteur et il semble raisonnable d'imaginer que les différentes alternatives vont gagner en efficacité et en viabilité. Mais s'il on consière l'augmentation de 50% des besoins énergétique de la planète que le Conseil National américain sur le Pétrole prévoit pour les 25 prochaines années... on se prend a paniquer!

De toute évidence, rendre la production d'énergie plus propre ne suffira pas... il faut aussi de toute urgence réduire notre consommation!