Soumise à cette explosion de la demande et à l’intensification de la concurrence, l’industrie cosmétique a progressivement remplacé les substances naturelles par des substances synthétiques, moins couteuse et plus facile à fabriquer. En 50 ans, ce sont près de 100 000 nouvelles substances chimiques de synthèse qui ont envahi les produits de grande consommation, et nous manquons cruellement d’évaluations de leur nocivité.

Ces substances sont pourtant destinées à rentrer en contact quotidien avec notre corps! On estime à 200 le nombre de substances chimiques synthétiques qu’on peut trouver dans notre organisme! Et les polémiques autour de ses substances sont fréquentes. On se rappelle notamment du débat autour des Parabens… déclarés cancérigènes après des années de présence dans nos crèmes. Pourtant, ils étaient apparus pour remplacer d'autres conservateurs, les formaldéhydes, jugés dangereux…

Le débat sur la toxicité des produits chimiques est donc loin d’être simple à résoudre. D’autant plus que ce qui est mauvais pour nous l’est aussi pour l’environnement. Ces produits se répandent dans la nature à de multiples occasions : pendant leur fabrication, mais également pendant leur utilisation.

Mais en matière environnementale, remplacer un produit synthétique par un substitut naturel ne suffit pas à résoudre le problème. Tout dépend des méthodes employées pour sa culture. L’utilisation d’engrais chimiques, de pesticides voir même d’OGM font courir de gros risques aux producteurs et à leur environnement. Risques que l’on retrouve également dans le produit fini…

Pour tenter de prévenir ces différents risques, 2 mouvements se sont amorcés.

Le premier consiste à interdire l’utilisation de certains produits chimique reconnus dangereux dans la fabrication des produits cosmétiques. Ce mouvement a aboutit en 2007 à l’adoption d’une nouvelle réglementation chimique Européenne, REACH.

REACH a permis 3 grands changements :

  • La charge de la preuve incombe désormais aux producteurs, qui  doivent démontrer l’innocuité de leurs produits chimiques
  • Les citoyens peuvent être informés sur l’utilisation de certaines substances chimiques dangereuses dans les produits qu’ils achètent
  • Certaines catégories de substances chimiques parmi les plus dangereuses ne seront plus autorisées si des alternatives plus sûres peuvent les remplacer.

Le second mouvement est celui de la cosmétique biologique. En imposant de travailler à partir d’ingrédients issus de l’agriculture biologique, elle limite les risques écologiques liés à l’utilisation d’intrants chimiques dans l’agriculture et elle évite la transmission de ces substances dans le produit fini. Le marché de la cosmétique Bio est encore très restreint comparé au marché conventionnel (1,5% en 2007) mais il offre tout de même de belle perspectives avec une croissance  de 40% par an depuis 2005.

Il s’est d’ailleurs fortement structuré depuis sa création avec le développement de standards officiels précis et l’explosion des labels et des organismes certificateurs. Dernièrement, c’est l’arrivée des grandes marques du marché conventionnel qui a marqué la jeune histoire de la cosmétique bio avec le rachat de Sanoflore par L’Oréal, de Kibio par Clarins ou le lancement de gammes bio par les distributeurs Sephora et Marionnaud.

Un histoire qui continue donc de s’écrire !