» Diaporama : Océans, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud
dossier - Loisirs & Voyage, 26/10/2009
Diaporama : Océans, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud
Nager avec les poissons et les dauphins est un rêve universel. Pour Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, il fallait rendre ce rêve accessible, en le faisant et en le filmant, au plus près des animaux, sans les déranger. Ce nouveau film qui sortira sur les écrans le 27 janvier 2010 a pour ambition de nous faire pénétrer dans la magie du monde marin, au plus près de la nature. Avant-goût.
Wouah... quelle claque! Les films-documentaires ont beau s'enchainer depuis quelques années (marche de l'empereur, planet earth, microcosmos, etc) je n eme lasse pas de ces images...
Mouais... enfin c'est quand même toujours la même chose et puis s'ils utilisent les mêmes hélico que Yann Arthus Bertrand... ca fait cher en carbone le diaporama!
@Vio et Adrien : désolé mais je rejoins Yanik et son point de vue. Sans oublier les financiers de ce genre de films (je pense notamment à Pinault pour Home). Il y a là quelques paradoxes... La séance Greenwashing de Pinault and Co se doit tout de même d´être dénoncer.
@Yanik : Mais il est vrai aussi que quels que soient les moyens et financements utilisés, les réalisations sont belles et peuvent sensibiliser certains des spectateurs aux dangers courus par l´environnement.
@tous : Ainsi, difficile d´avoir un avis tranché ^^. Comme souvent!
Je sors de la projection, j'ai un gout amer, une nausée qui ne me lache plus, un dégout...
Que de merveilles, quel équilibre, quelle adaptation des espèces à leur environnement.
Les images sont magnifiques et allient la beauté des prises de vue à la prouesse technique qui s'oublie devant la dynamique et l'élan de vie des cétacés et des poissons.
Un crescendo qui nous emmène de plus en plus haut à chaque séquence.
La sobriété des commentaires nous permet d'illustrer nous même ce que nous voyons : les poissons clowns dans les anémones de mer y survivent en symbiose avec elles malgré leur dangerosité pour les autres espèces de poissons. Et pour cause, ils sont immunisés contre le venin des anémones...
Point trop de commentaires didactiques donc, pour faire place à l'émerveillement.
Et puis d'un coup, un filet. Dans ce filet un poisson qui nage gentiment, à distance des mailles. Puis un autre qui s'approche, plus près du filet. Encore un qui commence à se prendre dedans... puis des myriades de poissons, cétacés pris dans les mailles.
Ceux là sont prisonniers pour rien, ils ne sont pas chassés, vendus, consommées. Leur mort fait partie des dommages collatéraux comme on dit ailleurs pour d'autres drames.
Et puis nouvelle dégringolade, la pêche nous est montrée sous ses aspect les plus déconcertants ; requins amputés de leurs seuls ailerons et remis à l'eau tels quels, où ils finiront par mourir d'asphyxie car sans leur nageoires ils ne peuvent assurer le renouvellement d'eau nécessaires pour respirer avec leurs branchies.
Quel gaspillage et quelle cruauté : dans l'ordre qui vous plait.
Dès lors, je n'ai plus été capable de profiter de la suite du film et des images.
Je me suis refermé, je suis rentré dans mon trou, dans ma coquille, à l'instar des bernard l'ermite du début de la projection.
Je me suis senti trahi, piégé... Me montrer tout cela pour me dire ensuite que l'homme compromet tout.
Ne croyez pas que je sois une oie blanche, que j'ignore tout cela, que je ne veuille pas le voir.
Je suis tout autant informé que les autres, et peut être même plus que la moyenne, comme d'ailleurs je pense, l'ensemble des spectateurs dans la salle de cinéma.
Et pour cause, qui se dérange pour aller voir ce genre de film si ce ne sont les hommes et les femmes sensibles à la nature, à sa beauté, sa sauvagerie, son équilibre.
Qui donc parmi les spectateurs est venu par hasard, choisissant résolument ce film plutôt que "Avatar », la « Princesse grenouille » ou un autre. Il n?y a pas de curieux dans la salle, tous sont acquis aux thèses défendues par l?auteur.
Alors, à quoi bon nous faire la leçon à nous, pourquoi nous renvoyer chez nous avec cette cruauté, ce gâchis.
Il suffit de regarder la télévision pour y être confronté, et j?y suis confronté car je suis un téléspectateur assidu de documentaires animaliers et autres images de la Terre.
J?ai moi-même à mon échelle infléchi ma façon de vivre et de consommer, goutte d?eau parmi d?autres? mais je suis concerné, je me sens parti prenante de ces enjeux.
J?allais donc voir ce qui « reste de beau dans les océans », conscient de la fragilité de la planète, comme l?ensemble des spectateurs, je le répète et j?en suis certain.
J?allais voir le film avec un état d?esprit complètement différent des autres réalisations que je vais voir ; d?ailleurs, dans la file d?attente et dans la salle avant la projection, quant les lumières étaient allumées, une certaine connivence, entente, unité, oserais-je « communion » parmi les spectateurs. C?était bien là le rendez-vous des amoureux de la nature.
Etait-il donc nécessaires de finir le film comme les autres du même genre : l?homme est horrible, il souille tout, corrompt tout, s?approprie, dénature, anéantit? Je le sais, nous le savons tous? surtout nous tous qui sommes dans la salle. Nous venons justement chercher de quoi nous donner des forces : la nature est encore là, elle vit. Redoublons d?effort dans notre vie quotidienne car ? J. Perrin nous a donné à voir Ô combien elle est belle. J?y allais pour cela, je faisais confiance, dans un sentiment d?être entre amis.
Et puis cela se termine comme les autres documentaires. Ce n?est plus un film, c?est un documentaire, avec sa conclusion attendue : « Capri, c?est fini, et dire que c?était la? ».
Les alarmes sont nécessaires, les SOS indispensables, les alertes bénéfiques, mais de temps en temps, un peu de repos, un peu de joie pure, la contemplation de l?Eden sans nous mettre le serpent sous le nez, souffler sur son gâteau qui a 20 bougies sans nous agiter le déambulateur du grand père devant les yeux.
Ce n?est pas se voiler la face, c?est reprendre des force.
J?allais reprendre des forces dans un moment de contemplation de la beauté du monde sauvage, l?esprit relaché, je me suis retrouvé la tête plongé de force sous l?eau nauséabonde du monde réel, par surprise, sans avoir pu prendre ma respiration avant.
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