Les OGM favorisent le développement des cancers chez les rats. Et pourquoi pas chez l'homme ? Une étude alerte sur ces dangers.

Si vous devez être au courant d'un fait d'actualité aujourd'hui, ce serait sans conteste de cette étude sur le danger représenté à long terme par la consommation d'aliments OGM. Menée par une équipe française dirigée par Gilles-Eric Seralini, l'étude présente les résultats d'analyses de 200 rats nourris pendant deux ans maximum soit à un maïs OGM seul, soit à ce maïs traité au RoundUp, l'herbicide de Monsanto le plus utilisé de la planète, soit avec un maïs non-OGM traité au RoundUp. Les résultats sont alarmants.

Cité par Europe 1, le directeur de l'étude avance : «On observe par exemple deux à trois fois plus de mortalité chez les femelles traitées. Il y a deux à trois fois plus de tumeurs chez les rats traités des deux sexes. Le premier mâle nourri aux OGM meurt un an avant le premier témoin. La première femelle huit mois avant.» Chez les mâles, les cancers de la peau et des reins se développent en priorité, quand les femelles souffrent de tumeurs au niveau des glandes mammaires. Même si les résultats ne concernent pour l'instant "que" des rats, ils tendent à prouver de façon claire que les OGM sont potentiellement dangereux pour la santé de l'homme. 

Les réactions ne se sont en tout cas pas faites attendre. Ainsi, José Bové, connu pour ses actions menées contre des plantations d'OGM, a demandé mercredi à la Commission européenne de «suspendre immédiatement les autorisations de mise en culture» du maïs MON810 de Monsanto et de la pomme de terre Amflora, deux OGM cultivés dans l'UE. Il insiste : «Cette étude montre enfin que nous avons raison et qu'il est urgent de revoir rapidement tous les processus d'évaluation des OGM».

Une étude que Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, n'ignore pas, lui qui annonce un plan d'action européen : «On va agir à l'échelle de l'Europe pour que les conditions des protocoles d'autorisation soient modifiées dans un sens beaucoup plus strict qu'aujourd'hui, pour faire en sorte qu'on tienne vraiment compte des risques qui sont encourus sur ce type d'OGM».

Rappelons tout de même que la France avait suspendu les cultures OGM sur son territoire en 2008, avançant des préoccupations environnementale. Et début 2012, sous le précédent quinquennat, le gouvernement avait à nouveau pris une mesure d'interdiction temporaire des cultures OGM. La France protégée, pour combien de temps ?