Aller au Salon de l'Agriculture, ça ne se refuse pas. Alors quand on m'a dit : "Tu vas au Salon de l'Agriculture", je n'ai pas refusé. Jusque-là, tout se tient.

Montée dans le métro parisien, la ligne 4. Rien d'intéressant à souligner jusqu'au changement à Montparnasse, pour prendre la ligne 12 qui m'emmènera à la Porte de Versailles, la destination finale. Sauf que sur les quais de la ligne 12, les espaces publicitaires sont occupés par la campagne de France Nature Environnement, campagne que les fédérations et syndicats de professionnels voient comme une attaque contre l'agriculture en général. Premier sourire. A la Porte de Versailles, la station est décorée aux couleurs d'un fromage AOP de la région Poitou-Charentes. Depuis que Ségolène Royal est au pouvoir dans cette région, le territoire n'a jamais été aussi visible. Bien joué.

A 9h05 je retrouve mes collègues devant l'entrée. Distribution des billets, entrée dans le salon. La même impression à chaque fois : l'évènement est gigantesque. Nous voilà en train d'alterner escalators et tapis roulants. La vue sur les toits du salon nous apprend au moins une chose : il n'y a pas un seul panneau solaire au parc des expositions. Voilà une piste de réflexion pour la mairie de Paris… Le pavillon des régions nous tend déjà les bras. Il est 9h15, l'heure idéale pour déguster notre premier morceau de saucisson. Puis un autre. Puis un autre.

Mais l'heure tourne, il est 10h, et la conférence de presse d'Alter Eco, qui présente ses produits issus d'un commerce équitable Nord-Nord va commencer. En plus de deux dirigeants de la marque, sont présents trois agriculteurs de la CORAB, une coopérative d'agriculture biologique de Charente-Maritime. Détail amusant : l'un d'entre eux, dont le visage apparaîtra sur les sachets de muesli croustillant chocolat, ressemble étrangement à Patrick Dewaere… Chacun d'entre eux nous expliquera pourquoi il en est venu au bio, les bienfaits d'un tel changement. C'est bête à dire et à écrire, mais à voir la passion de ces hommes pour leur métier, leur conviction profonde vis-à-vis de l'agriculture biologique, et leurs résultats d'exploitation dont ils n'ont pas à rougir, on ne comprend pas que l'agriculture raisonnée ne soit pas la norme. Enfin, ce n'est pas nous qui décidons de cela…

Fin de la conférence de presse. Visite au pas de course des halls restants. Et force est de constater que le bio effectue une percée remarquable : il est impossible ou presque de ne pas tomber, sur chaque stand alimentaire, sur des produits sigles AB. Charcuterie, bière, miel, épicerie, vins ou fruits, le petit logo vert est partout. Cela vaut également du côté des cosmétiques, et même de celui des produits vétérinaires. Une tendance marquée que l'on avait pas observée lors de la dernière édition.

Dans la zone réservée aux DOM-TOM, là encore gros plan sur l'environnement. On reçoit des brochures sur les engagements durables de l'industrie du sucre à la Réunion et les bananes de Guadeloupe et de Martinique s'affichent en vert et en bio.

Même chose dans les stands "énergie". Panneaux solaires, géothermie, récupération des eaux de pluie : on semble se diriger vers une société qui valorise ses ressources au lieu de les exploiter. Qui s'en plaindra ? Sûrement pas les vendeurs en costume-cravate qui abordent chaque passant en tout cas.

Il est bientôt 15h, l'heure de reprendre le métro, de rentrer au bureau, et d'écrire cet article. Non sans avoir fait quelques emplettes sur place, évidemment.

Le Salon de l'agriculture se tient à Paris jusqu'au 27 février 2011. Plus d'infos sur le site de l'évènement.