Notre série LSD s’attaque à un pan essentiel de notre culture commune : la littérature. Nous avons voulu observer les expériences qui essaient de la rendre plus socialement durable, plus respectueuse de l’environnement, pour un lecteur écolo-compatible. Troisième épisode : après une incursion dans l’univers des ebooks, retour aux livres qui tentent de devenir plus durables, à travers l’utilisation de papier recyclé ou certifié.



Il a été mis en évidence que la fabrication d’un livre en papier recyclé nécessitait beaucoup moins d’eau et de bois que celle d’un ouvrage en papier classique. Par exemple, avec une tonne de vieux papiers, on peut en ré-obtenir pas moins de 900 kg en version recyclée, alors que deux à trois tonnes de bois sont nécessaires pour une tonne de papier en fibres vierges ! De plus, un kilo de papier basique nécessite 60 litres d’eau, là où la production de papier recyclé en économise jusqu’à 90%.

C’est ainsi que dès 2011, les manuels scolaires devront être imprimés sur du papier recyclable, suite à un amendement à la loi du Grenelle de l’Environnement. Certaines maisons d’édition commencent à prendre en compte le gain environnemental de ce type d’impression écologique. L’édition canadienne du sixième tome des aventures d’Harry Potter avait notamment été intégralement imprimée sur du papier recyclé. Rares sont encore les maisons françaises à privilégier le 100% recyclé. Le phénomène ne concerne pour le moment que de petites structures, comme Terre Vivante, spécialisée dans la publication de livres… sur l’écologie !

Mais d’autres initiatives co-existent pour rendre l’édition plus durable, telles que les certifications et labels forestiers. En France, le tome 6 des aventures d’Harry Potter (encore lui !) a été le premier à être imprimé sur du papier certifié du label FSC (Forest Stewardship Council). Soutenu par Greenpeace et WWF, il garantit la gestion durable des forêts selon des principes rigoureusement identifiés : le droit des peuples indigènes, la plantation, la conservation, l’impact environnemental, etc. Un autre label européen a d’ailleurs émergé, le PEFC (programme de reconnaissance des certifications forestières).  Aujourd’hui, c’est en combinant ces deux approches autour du papier recyclé et certifié qu’on peut prétendre à rendre la littérature plus durable.

Pour en savoir plus sur la labellisation FSC, c'est par ici.

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Retrouvez Sébastien Lévrier, auteur de cette série, sur son site Internet, Le Globe Lecteur.f