Dans la ville de Moissac, dan le Tarn-et-Garonne, une usine pionnière en France a ouvert ses portes : une centrale de melons.

Qu'est-ce que c'est ? Tout simplement une usine capable de produire de l'énergie à partir de melons en décomposition. C'est la société Boyer SA, spécialiste du conditionnement du cucurbitacée, qui est à l'origine du projet, elle qui se retrouvait chaque année avec 10 à 15% des fruits abîmés qui passent par ses installations, soit un bon millier de tonnes de melons impropres à la vente.

A la faveur d'un rapprochement avec GreenWatt, un spécialiste belge des énergies vertes, l'usine de Moissac a donc vu le jour. Une usine de méthanisation du fruit : les melons abîmés sont envoyés dans un digesteur, où des bactéries les dégradent, dégageant du méthane. Le gaz est ensuite tout simplement transformé en électricité et la chaleur produite par la réaction est aussi récupérée. Par ce simple processus, l'usine de Moissac permet d'alimenter 150 foyers en énergie, et de chauffer 90 logements.

Selon la Dépêche du Midi, une tonne de melons "digérée" par l'usine équivaudrait à 36 litres de fuel. Cette économie se ressent aussi dans le bilan carbone de l'entreprise, où le transport des fruits abîmés équivalait chaque année à 350 vols Paris/New-York. La récupération des vieux melons fait apparemment des émules, puisque des usines semblables devraient bientôt sortir de terre pour récupérer les déchets de carottes produites dans les Landes, ou ceux de betteraves dans le Nord.

Il y a quand même une question qui nous taraude : pourquoi inaugurer une usine de ce genre en plein mois de septembre, pile quand les Français arrêtent de consommer du melon ?

Ajout le 28 septembre 2011. La réponse à notre dernière question nous est arrivée par mail comme par magie. Nous vous la recopions telle quelle : "L’usine a été inaugurée le 16 septembre en parallèle et à l’occasion de la fête des fruits de Moissac, mais cette unité de biométhalisation fonctionne depuis le début de la saison des melons et elle est prévue justement pour fonctionner avec d’autres déchets de fruits comme les poires et les pommes, qui permettent ainsi à l’unité de fonctionner toute l’année."