Aors que le sommet s'est fini vendredi dernier, retour sur son (maigre) bilan.

Nicole Bricq, l'ancienne ministre de l'Ecologie nous l'avait annoncé avant de s'envoler pour le Brésil : le pays hôte voulait éviter un échec "à la Copenhague" et aboutir à la signature d'un accord. Le gouvernement brésilien aurait ainsi oeuvré en coulisses pour que le texte de Rio+20 rédigé par les nombreux négociateurs avant l'arrivée des chefs d'Etats ne soit pas rediscuté une fois validé.

C'est  par exemple ce que souligne Ronan Dantec, sénateur EELV, dans un entretien au journal Sud Ouest : "C'est vrai, je pensais qu'on pouvait espérer aller plus loin dans la négociation et qu'on s'entendrait pour soumettre aux représentants des Etats un texte plus exigeant et plus avancé. Mais dans la nuit précédant l'arrivée des chefs d'Etat, le pays hôte, le Brésil, a tiré vers le bas la négociation, par crainte de reproduire l'échec du sommet de Copenhague."

Quant à l'appel des pays du Sud lancé à la veille du sommet (une demande de 30 milliards de dollars par an jusqu'en 2017 pour les aider à financer leur lutte contre le réchauffement climatique), il a été purement et simplement ignoré par les pays plus puissants.

La création d'une Agence mondiale de l'environnement ne s'est finalement pas faite, et l'Afrique (en particulier Nairobi) n'aura donc pas l'honneur (ni la reconnaissance) d'accueillir le siège de l'AME, un projet mort-né. Pour compenser ce rendez-vous manqué, les pouvoirs du PNUE ont néanmoins été renforcés, et des représentants de la société civile devraient intégrer son système de gouvernance. Du côté des Etats, si personne n'attendait rien des Etats-Unis et du Canada, deux pays réputés pour refuser de s'engager dans une lutte écologique, la déception est venue de la Chine et de l'Inde : ces deux pays, géants économiques, qui regroupent plu de 3 milliards d'habitants, étaient supposés soutenir la création de l'AME. Selon les personnes présentes sur place, ils auraient été plutôt discrets…

En résumé, Rio+20 aura été un sommet très attendu, qui a abouti à un texte ("L'avenir que nous voulons") dressant un bilan des dangers environnementaux qui nous menacent, sans toutefois y apporter ni solution ni sanction pour les responsables. D'un côté, une situation urgente et préoccupante, de l'autre, un texte qui dresse les motifs de s'inquiéter.

Si le Brésil s'est imposé comme un pays émergent de plus en plus influent, le rendez-vous qu'il a organisé restera comme un semi-succès. Ou un semi-échec, à vous de voir…