Les océans sont pollués : une société propose de recycler leurs déchets plastiques en tabourets. Oui Madame.

100 millions de tonnes : c'est, selon les Nations-Unies, la quantité de plastique piégée par les océans du globe. Une partie de ces déchets reste même en surface, finit par se faire piéger par les courants, et se retrouve dans des gyres océaniques qui ont gagné le triste surnom de "tourbillons de déchets".

Mais là où beaucoup voient une fatalité, le cabinet de design Studio Wine, lui, décèle dans cette pollution océanique globale une source quasi inépuisable de matières premières : les Nations-Unies (encore elles) estiment que 13 000 débris de plastique flottent sur chaque kilomètre carré des océans. Des débris de quelques millimètres à peine, que les anglophones appellent "nurdles".

Pour récupérer ces micro-déchets et les transformer, notre cabinet de design a d'abord pensé à créer une machine spéciale, baptisée le "nurdler" en VO et en photo ci-dessous : celle-ci est en fait une pompe à eau, qui ne fonctionne que grâce à l'huile de coude (une énergie 100% renouvelable, du moins jusqu'à ce que fatigue s'ensuive), et qui sépare l'eau de ses polluants plastiques.

Une fois les débris collectés, une seconde étape est nécessaire pour leur offrir une seconde vie : il faut les faire fondre et leur donner leur forme définitive : c'est justement le rôle de la "presse océanique", ou "Sea Press" dans la langue de Shakespeare. Celle-ci, tout comme le "nurdler", est fabriquée grâce à d'anciennes machines agricoles récupérées et restaurées. Quant à l'énergie utilisée, elle est là aussi renouvelable puisqu'elle brûle les déchets organiques et textiles récupérés lors de l'opération précédente de séparation de l'eau de mer et de ses polluants. La photo de l'étrange engin :

                          

Ainsi équipé de ses deux machines de récupération, le studio a pu créer la "Sea Chair", soit un tabouret de plastique recyclé parfaitement remarquable, fabriqué à partir des déchets collectés sur la plage de Porthtowan, au Sud-Ouest britannique. D'ailleurs, sur l'étiquette de chacune des chaises qui sera produite à l'avenir de cette façon, les coordonnées de l'endroit où aura été récoltée la matière première sera indiquée.

                            

Nous, on aime.