Double actualité pour l'ONG Sea Shepherd : elle s'envole d'un côté, et coule de l'autre. Bizarre...

Spécialisée dans la chasse aux bateaux baleiniers japonais des mers australes, l'ONG s'est récemment dotée d'un matériel quasi-militaire, puisque des drones ont rejoint sa flotte. Des drones, ce sont de petits avions sans pilote, disposant d'une autonomie de plusieurs centaines d'heures, avec une portée de 300 kilomètres, et équipés de tout le matériel nécessaire à l'espionnage et à la prise de vue : GPS, appareils photos, et caméras. 

Offerts par deux sociétés américaines de recyclage et de sécurité maritime, les drones permettent aux équipages des bateaux anti-baleiniers de repérer à des centaines de kilomètres de distance, et en toute discrétion, les navires-usines qui font route vers l'Antarctique pour la pêche au cétacé. Une pêche, on ne le répètera jamais assez, interdite depuis des années, mais que les Japonais continuent de pratiquer, prétextant un but scientifique à cet abattage à grande échelle.

En service depuis quelques semaines, ces drones ont par exemple repéré le Nisshin Maru, navire-usine nippon, qui filait au Sud pour croiser la route des baleines. C'est le Brigitte Bardot, un bateau de la flotte au drapeau noir, qui s'est lancé à sa poursuite. Seulement voilà, il aurait été frappé par une vague très puissante qui a fissuré sa coque. Résultat : appel de détresse émis par les 11 membres d'équipage, qui portent depuis leurs combinaisons de survie. Un évènement qui n'est pas sans rappeler le naufrage de l'Ady Gil, vaisseau du Sea Shepherd, qui avait été percuté par un baleinier japonais alors qu'il tentait de lui barrer la route.

Toujours est-il que le vaisseau Steve Irwin, fleuron de l'ONG, est venu au secours du Brigitte Bardot, dans une mer démontée opposant aux opérations de sauvetage des creux de 5 mètres : 4 membres d'équipage ont déjà été sauvés, et 3 autres le seront bientôt. Le site officiel de l'ONG annonce dans un billet daté d'hier que 4 personnes resteront à bord, pour ramener le bateau sur la terre ferme, en l'occurrence en Australie. Le Bob Barker, troisième navire de la flotte, poursuit, lui, sa mission de traque.