Commençons par les gaz de schiste, eux qui sont sur le devant de la scène médiatique depuis 6 mois maintenant.

Les gaz de schiste sont prisonniers dans l'écorce terrestre, partout sur la planète. Avec eux, la carte des puissances des hydrocarbures pourrait être bouleversée, et chaque pays en mesure de les extraire pourrait faire un pas vers l'indépendance énergétique.

Problème : la technique d'extraction est contestée. Après un forage à 3000 mètres de profondeur, on provoque un mini-séisme souterrain avec des explosifs. Les roches se fracturent, le gaz se libère. Pour le faire remonter, on injecte à très grande pression de l'eau (jusqu'à 15 millions de litres d'un coup) à laquelle sont mélangés des produits chimiques, qui ne manquent pas de s'infiltrer dans le sol et de polluer les nappes phréatiques environnantes. C'est ce que l'on appelle la fracturation hydraulique. L'opération est recommencée une quinzaine de fois jusqu'à épuisement du mini-gisement. Puis, comme le gaz de schiste est partout, elle est recommencée 200 mètres plus loin. Et ainsi de suite.

Pollution des sols, pollution de l'air avec le ballet des camions citernes autour du puits (on estime que 200 aller-retours de camion sont nécessaires à chaque "frack", à chaque explosion souterraine), et paysages dévastés : voilà la vraie facture des gaz de schiste.

Pour le pétrole de schiste, c'est tout pareil, sauf que vous remplacez le mot "gaz" dans les paragraphes précédents par le mot "pétrole". Ajoutons en plus que selon Greenpeace, l'eau utilisée lors de la fracturation reste pour moitié en profondeur, et que l'extraction de ce pétrole émet 4 à 5 fois plus de CO2 que l'extraction "classique" du pétrole, et vous avez un tableau bien peu reluisant.