Les sables bitumineux sont un autre problème. Ils ont le goût du pétrole, l'odeur du pétrole, mais ce n'est pas du pétrole. En tout cas pas du pétrole tel que nous le connaissons, qui jaillit des entrailles de la Terre. Les sables bitumineux, selon la définition de Wikipedia, se présentent sous "une forme semi-solide de pétrole brut, de sable, d'argile minérale et d'eau". Un euphémisme pour ne pas parler d'une boue pâteuse ou visqueuse selon les jours.

Et selon Greenpeace qui décrit le processus d'extraction, celui-ci est une vraie plaie environnementale : "il faut forer, chauffer le bitume en injectant de la vapeur et des solvants en profondeur, puis mélanger le sable extrait avec de l'eau chaude pour le rendre moins visqueux. Enfin, il faut le faire décanter pour en extraire le pétrole". L'ONG conclue même : "Aberration énergétique, climatique et environnementale, les sables bitumineux sont les pétroles le plus chers, les plus sales, les plus polluants qui soient".

Culture générale pour finir ce chapitre : le Vénézuela, qui détient avec le Canada les plus grandes réserves au monde de sables bitumineux, est devenu le premier pays pétrolier au monde. Selon l'OPEP, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, le Venezuela possédait l'année dernière des réserves de pétrole prouvées supérieures à celles de l'Arabie Saoudite, le champion historique toutes catégories du pétrole et de son extraction. Pourquoi ce changement spectaculaire de leader ? Parce que pour la première fois, l'OPEP a intégré les pétroles "lourd" et "extra-lourd" dans ses calculs. Merci les sables bitumineux, donc.