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Même si elles ne datent pas d'hier mais plutôt des années 70, ces marées ont pris une ampleur exceptionnelle au cours des 5 dernières années.

A l'origine de ces marées vertes dont les émanations avaient terrassé un cheval en 2009, il y a… les élevages de porc de la Bretagne et les engrais utilisés dans l'agriculture. Les déchets des porcheries voisines du littoral et les engrais finissent en effet dans les rivières puis dans l'océan, apportant dans celui-ci de fortes doses de nitrates. Nitrates dont se nourrit l'espèce d'algue incriminée, l'ulve, d'où sa croissance impressionnante. Les algues se multiplient donc au large, puis atteignent les côtes quand la marée monte, et se déposent l'air de rien sur les plages quand l'océan se retire. Le résultat : des plages entières recouvertes d'une couche d'algues gluantes les rendent impropres (jeu de mots) à toute activité. Le problème ne s'arrête pas là puisqu'une fois à l'air libre, les algues se décomposent et dégagent alors de l'hydrogène sulfuré, celui-là même qui est à l'origine de l'odeur d'oeuf pourri. Les plages salies deviennent alors puantes. Beau programme.

Pour éviter ces désagréments, les municipalités bretonnes concernées organisent donc des ramassages des algues vertes et l'Etat lui-même vient fourrer son nez là-dedans. Au début de l'année, on annonçait donc que 40 millions d'euros seraient consacrés en 2010 à la lutte contre les marées vertes pour en diminuer le volume d'au moins 30% d'ici 2015, qu'une aide à la méthanisation des déjections animales seraient proposée aux éleveurs, que ces derniers devraient développer des projets de réduction de leurs émissions de nitrates, et que la piste d'un développement d'une filière dédiée au compostage des algues était étudiée. Mais les résultats d'un tel plan ne seront pas visibles avant de trop longues années. Il n'y a plus qu'à attendre…