La Fondation de protection de la nature Ondazul présente un spot vidéo qui détourne le principe de l'appli star du moment : Snapchat.

Difficile, lorsqu'on est une organisation de protection de la nature, de parler aux plus jeunes publics. Pourtant, ce sont les plus jeunes d'entre nous qui auront entre les mains le sort de notre planète dans les années à venir. Comment leur faire passer un message ? En leur donnant un "tu" maladroit ? En essayant de parler un langage faussement jeune, alors qu'ils sont passés à autre chose depuis des lustres ? Ou pire, en combinant les deux, ce qui pourrait donner quelque chose comme ceci : "La nature c'est trop top, tu dois la protéger". Ridicule, n'est-ce pas ?

La Fondation brésilienne Ondazul, fondée en 1990 sous l'impulsion de Gilberto Gil, a trouvé une solution plutôt intelligente, puisque pour sa dernière campagne, elle reprend les codes d'un phénomène qui fait fureur chez les adolescents du monde entier : l'application Snapchat.

Le principe de cette appli est simple : vous envoyez une photo ou une vidéo à un de vos amis, et celui-ci n'y a accès que pendant une période que vous pouvez faire varier d'une à dix secondes. Passé ce délai, le fichier s'autodétruit. Si elle est critiquée pour son culte de l'instantanéité, Snapchat permet au moins aux utilisateurs de ne pas accumuler des centaines ou des milliers de photos et de vidéos les mettant en scène sur la Toile, et qu'ils pourront regretter plus tard.

Pour diffuser son message auprès de ce jeune public donc, Ondazul a choisi de copier les codes de Snapchat dans une petite vidéo intitulée "Nature Snap Facts", où la Fondation décru deux catastrophes écologiques qui se déroulent au Brésil toutes les dix secondes, ces dix mêmes secondes pendant lesquelles photos et vidéos sont visibles sur l'appli originale. Ainsi, toutes les dix secondes, la déforestation progresse et quatre kilomètres carré de forêt amazonienne disparaissent. Et dans le même laps de temps, la pollution ne prend pas de vacances puisque ce sont 140 000 litres d'eaux usées qui sont déversés dans la baie de Guanabara, à Rio de Janeiro.

Espérons que ce genre d'initiative touche le coeur des jeunes Brésiliens…