Chaque jour pendant la semaine du Développement Durable, zoom sur un des symboles de l’éco consommation. Personne, objet, initiative, service... Aujourd'hui, Veja, icône absolue de la mode éthique en France. Petit retour sur 6 années de production / crétion éthique, différente, réfléchie.

Veja fait il du développement durable ? Alors que le sacro-saint « DD » subit de nombreuses critiques : oxymore pour certains, terme récupéré par les marques pour d’autres, ou encore tremplin vers le greenwashing, peut-on dire que Veja a lui réussit à se développer durablement ?

Car la marque au « V » ne s’est pas développée comme ses petits camarades de jeu « virgule » et « 3 bandes ». Veja ne fait pas de publicité, ne paie pas des stars pour porter des baskets, ne veut pas être vendu dans le plus d’endroits possible pour vendre le plus possible. Et comble absolu pour un produit de commerce, Veja est parfois en rupture de stock, et c’est comme ça, ce n’est pas grave. «Qui va doucement va longtemps » ?

Doucement ce n’est pas sûr, car la réussite de Veja est indéniable, un vrai succès qui donne des ailes (et de l’espoir ?) à beaucoup d’autres créateurs éthiques qui rêvent de concilier mode, qualité, éthique … et réussite.

Mais longtemps c’est certain, car Veja a encore de très beaux jours devant lui. Sébastien Kopp, co-fondateur de Veja, a dans un tchat avec les lecteurs de l’Express, particulièrement bien résumé ce qui est selon nous une des forces de Veja, la certitude de son produit : « Nous avons essayé de dessiner des sandales, mais nous ne sommes pas encore satisfaits du résultat. Nous préférons être patients et lancer un ou 2 modèles par an, sans précipitation. »

Voilà qui devrait être lu avec attention par tous ceux qui se lancent dans une aventure de création de produit ou de services dit « durable ». Être sûr de son produit, le connaître parfaitement, le maîtriser complètement, avoir tout choisit, et ne « se lancer » que lorsqu’on a atteint le niveau de qualité voulu.

Ne pas se précipiter mais au contraire prendre le temps de bien faire, jusqu’au bout, selon ses exigences et ses critères écologiques.

Mais bien se connaître, c’est aussi connaître ses défauts.

Et là encore Veja se connaît comme sa poche. La composition de ses produits est parfaitement explicitée sur son site, et quand le lacet n’est pas bio, ils écrivent « nos lacets ne sont pas en coton biologiques », ils n’omettent pas de le dire en quelque sorte. Cette transparence leur est chère, et bien présente tout au long de leur site internet.

Veja n’est qu’une goutte d’eau.

Encore une fois, c’est eux qui le disent. L’humilité fait décidément partie intégrante de leur identité. Veja est donc une goutte d’eau, un projet en mutation même. Beaucoup de créateurs de chaussures aimeraient avoir une telle goutte d’eau. Mais au delà de la réussite commerciale et du succès d’estime de Veja, il est intéressant de voir à quel point la marque se remet constamment en question. En voyant son produit comme un projet à améliorer sans cesse et non comme un produit fini, l’entreprise progresse en même temps que son produit.

Voici donc comment s’est construit Veja, pas à pas.

Pour allez plus loin (comme à l'école) :

Le site de Veja

Le récit d'une famille de fermiers de Taua,ville du Nordeste du Brésil (qui a par ailleurs donné son nom à un modèle de Veja),racontant leur travail en agro-écologie.

Une vidéo de fabrication des chaussures Veja :