Chaque jour pendant la semaine du Développement Durable, Marcel se pose une question et tente d'y répondre... Aujourd'hui, il s'agit d'urbanisation. 

En France, plus de 75% de la population est citadine, vit dans des villes. A l'échelle de la planète, la barre des 50% de citadins a été franchie en 2007. Pourra-t-on un jour vivre à la ville comme à la campagne ?

Vous aurez sans doute du mal à le croire : il est impossible de raser toutes les villes du pays pour les reconstruire de façon différente. "A moins d'une bonne guerre", comme le disent les habitués du café d'à côté. Aujourd'hui, les politiques vertes des villes servent plus à rattraper les erreurs du passé qu'à tracer une nouvelle voie.

Ainsi, les immeubles bon marché aux parois très fines des quartiers populaires sont des gouffres en électricité. En plus d'installations parfois vétustes qui surconsomment, c'est surtout dans l'isolation thermique qu'ils sont défaillants. Sachant qu'en moyenne, 45% de l'énergie qui sert au chauffage d'une maison est presqu'automatiquement perdue, on vous laisse imaginer le chiffre dans le cas d'un appartement vétuste.

Mais les beaux immeubles (ou en tout cas qualifiés comme tels) ne sont pas en reste : avec des hauteurs sous plafond frôlant parfois les 4 mètres, ce sont des volumes difficiles à chauffer. Là encore, gare à la facture de gaz ou d'électricité ou de fioul ou de ce que vous voulez à la fin du mois. Et c'est la planète qui ramasse en bout de chaîne.

Aujourd'hui, les politiques essaient de donner l'exemple en privilégiant pour les nouvelles constructions une certification HQE. Comprendre "Haute qualité environnementale". Economes en énergies, favorisant des matériaux recyclés, la valorisation des ressources (récupération des eaux de pluie, panneaux solaires…), les espaces verts, les quartiers HQE sont de vrais poumons au coeur de nos villes.

La ville de Chalon-sur-Saône et son quartier Saint-Jean des Jardins a été un des premiers projets d'envergure de ce genre en France. La ville de Lyon qui étend son centre-ville sur le quartier de Lyon Confluence fait elle aussi de gros efforts qui vont dans le sens de l'environnement. Depuis quelques temps, de nouvelles normes de construction ont fait leur apparition : HPE (Haute performance énergétique), BBC (Bâtiments basse consommation), et l'idée de bâtiments à énergie positive, qui produiraient leur propre énergie et un peu plus encore, fait même son apparition.

Tramway montpellier Si les bâtiments sont une composante essentielle d'une ville, les transports le sont tout autant, et il est nécessaire de s'y pencher sérieusement dès à présent. Le développement des transports en commun ainsi que celui des modes doux, permettra peut-être un jour de mieux respirer, d'obtenir une qualité d'air et un niveau de pollution sonore plus conforme à ce que l'on trouve aujourd'hui hors de nos villes.

Le projet emblématique du Grand Paris porté par Nicolas Sarkozy comporte d'ailleurs un volet environnemental conséquent. Un développement des transports en commun, la création d'un "Central Park" parisien, d'une immense forêt vers l'aéroport de Roissy… En plus d'être un symbole écologique, le Grand Paris illustre bien le fait qu'une ville seule ne peut aujourd'hui décider seule du changement. Sont entraînées dans son sillage une communauté de communes, et dans le cas de Paris une région toute entière. Si un changement de mentalité se fait, il se fait donc à une échelle supérieure à celle de la seule ville. A priori, bonne nouvelle.

Mais ces initiatives prises ici et là ne doivent pas cacher l'essentiel. Les villes ont été pensées et construites selon des considérations différentes de celles que nous pouvons avoir aujourd'hui. Et si les villes doivent changer, alors ce changement se fera par petites touches et prendra de loooooongues années.

+ d'infos : à propos de Lyon Confluence, à propos de Saint-Jean des jardins

Demain (3/7) : Quel est le juste prix du bio ?