Jeudi dernier, le Sénat a adopté le projet de loi Grenelle 2 et avec lui un amendement qui pourrait faire couler beaucoup d'encre dans les prochains mois: celui qui autorise la mise en place de péages urbains dans les agglomérations de plus de 300.000 habitants.

En plein lancement de la Taxe Carbone, voila une nouvelle mesure écolo qui va faire grincer des dents. Pourtant, les bonnes raisons de faire payer le droit de rouler en ville ne manquent pas. En réduisant la fréquentation des centres villes par les automobilistes, les péages urbains visent à diminuer les embouteillages, mais aussi les décibels et les émissions de C02 qui les accompagnent.

Seul problème, ces péages ont un coût qui, comme celui de la Taxe Carbone, est répartit de manière inégale entre les citoyens selon qu'ils soient utilisateurs ou non d'une voiture. Ils ont également tendance à rendre les centres-villes et leurs infrastructures culturelles et commerciales moins accessibles aux habitants des banlieues et des campagnes. Bref... s'ils sont mis en place sans aménagement ils peuvent se révéler terriblement injustes.

Mais l'avantage des Maires Français, c'est que d'autres élus dans le monde ont essuyé les platres pour eux. Dans des villes comme Londres, Stockholm ou Singapour, ce genre de péage existe et après quelques réglages se montrent très efficaces. Leur effet sur la circulation, par exemple, est visible dans chacune de ces 3 villes: -15% à Londres, entre -10% et -15% à Stockholm et près de 76% de voitures en moins dans la zone à péage de Singapour depuis sa mise en place en 1975. Important aussi: l'impact du dispositif sur les émissions de CO2: -16% à Londres et entre 10% et 14% à Stockholm!

Bien qu'encourageant, ces chiffres ne semblent pas séduire les maires des 5 villes de plus de 300.000 habitants qui pourraient être concernées par la mesure. Celle-ci doit encore être votée par l'Assemblée Nationale... il leur reste donc encore un peu de temps pour se décider. A chaque jour suffit sa taxe écologique.