Mode & Beauté

Ecoalf : l’upcycling venu du large

Certes, Ecoalf existe depuis 2010. Pourtant, nous n'avions jamais présenté cette marque dans notre rubrique "mode éthique". La signature d'un accord de partenariat entre Ecoalf et le gouvernement thaïlandais, entrant en vigueur dès le mois d'octobre 2016, est l'occasion idéale pour présenter une entreprise (et ses produits) pas comme les autres.

Ecoalf est née d'une envie (faire de vrais vêtements éthiques) et d'un constat (les vêtements conçus à partir de fibres recyclées étaient à l'époque de bien piètre qualité) : Javier Goyeneche, un entrepreneur madrilène, a alors conclu des accords  en Europe et en Asie (Taïwan, Japon, Portugal, etc…) pour récupérer des déchets plastiques allant des bouteilles usagées aux pneus usés en passant par les filets de pêche à la dérive et, via un processus déjà au point, les transformer en fibre textile recyclée. Mais exploiter et contribuer à vider nos poubelles n'était que la première étape pour Ecoalf qui, en 2016, s'est lancée dans un projet bien plus vaste baptisé "Upcycling the oceans". Tout est dit : il s'agit cette fois de collecter des déchets plastiques (et donc de la matière première pour Javier) directement dans les océans.

Et c'est peu dire que la mer représente un gisement quasi-infini pour Ecoalf : en plus des célèbres continents de plastique (300 millions de tonnes de détritus issus du pétrole et concentrés au centre des différents océans), on estime que chaque pêcheur, lorsqu'il remonte ses filets, ramène à son bord 6 kilos de déchets divers, en plus des poissons convoités. Javier Goyoneche a donc demandé aux pêcheurs de rapporter à terre les détritus récupérés dans leurs filets et de les déposer dans des containers prévus à cet effet. Récupérés chaque semaine, ils sont triés et recyclés. Les déchets plastiques sont transformés en billes de plastique, puis en fibre textile, et enfin en vêtements ou accessoires : vestes, doudounes, chaussures, trousses de toilette ou sacs à dos sont en effet en vente sur le site de la marque, à des prix allant d’une trentaine de dollars à près de 500 dollars pour les plus belles pièces.

« Upcycling the oceans » est déjà lancée en Espagne, où 160 bateaux de pêche travaillent au quotidien avec Ecoalf qui ont, depuis septembre 2015, ramené à terre pas moins de 59 tonnes de déchets ! La marque, qui cherche à se développer dans tout le bassin méditerranéen, a même étendu son emprise à l’Asie du Sud-Est, ou un accord similaire (celui évoqué en début d’article) à celui qui la lie aux pêcheurs ibériques a été signé avec le gouvernement thaïlandais, ce qui lui assurera de solides stocks de matière première.

A la conquête du monde !

Photo : capture d'écran Youtube

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