Ecologie & Société

La catastrophe japonaise relance le débat sur le nucléaire

Quelques heures après le séisme japonais, une première explosion a été enregistrée dans la centrale nucléaire de Fukushima 1, à 250 kilomètres de Tokyo, au niveau du réacteur 3. Puis c'est le réacteur 2 qui a connu une panne de son système de refroidissement, entraînant un risque de fusion. Et le terme de "Tchernobyl japonais" commence à fleurir dans tous les médias. Le Japon est le troisième producteur mondial d'électricité nucléaire, derrière les Etats-Unis et… la France.

Et le nucléaire soulève toujours les mêmes questions, les mêmes craintes : le "risque zéro" existe-t-il ? Est-on à l'abri d'une erreur humaine aux conséquences gravissimes ? Les centrales nucléaires ne représentent-elles pas des cibles de choix pour d'éventuelles attaques terroristes ? Que fait-on des déchets nucléaires : enterrés, retraités ou envoyés en Sibérie à l'abri des regards indiscrets ? Et que faire des centrales, une fois que les 40 ans de leur durée de vie estimée seront écoulés ? Beaucoup de questions et peu de réponses, qui laissent toujours un doute dans l'opinion publique sur le bien-fondé de ce type d'énergie.

Aux Etats-Unis, des parlementaires appellent déjà à un moratoire (une suspension) sur le développement du nucléaire en terre américaine, énergie pourtant soutenue par le Président Obama qui veut réduire la dépendance de son pays au pétrole importé. Les Etats-Unis produisent déjà plus de 100 000 Mégawatts d'électricité nucléaire par an, soit environ 20% de leur consommation. En Grande-Bretagne, et alors que le pays a relancé un programme de constructions de centrales nucléaires en 2009, Chris Huhne, le ministre de l’énergie, a assuré que les leçons de l’incident japonais seraient tirées.

Et en France ? En France où l'on produit plus des trois quarts de notre énergie grâce à la technologie nucléaire ? En France où 58 réacteurs fonctionnent sur 19 sites ? Eh bien en France, on s'inquiète. Car parmi les très grandes puissances du nucléaire civil mondiales, nous sommes les seuls à ne pas avoir connu de catastrophe. L'URSS a eu Tchernobyl en 1986, les Etats-Unis Three-Mile Island en 1979, et le Japon se prépare à un grave incident en 2011. Les raisons sont à chaque fois différentes, certes, mais les résultats sont similaires.

Alors des voix s'élèvent, chez les écologistes notamment. Ainsi, en quelques heures, Daniel Cohn-Bendit, Nicolas Hulot et Cécile Duflot ont demandé un référendum sur le nucléaire en France. NKM, pourtant ministre de l'Ecologie, est elle attaquée par l'Observatoire du nucléaire qui lui reproche ses propos en réaction aux explosions à Fukushima : "le nucléaire est une bonne énergie". Sa démission est même demandée. Pour Matignon, "la France va tirer les enseignements utiles des événements japonais". Pour une politique à réaction, comme trop souvent ?

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